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 Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)

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Nath
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MessageSujet: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 0:28

(hrp : Tout d'abord qu'est ce que qu'un RP participatif ? Il s'agit d'une partie RP où chaque PJ écrit l'aventure. Un peu comme si chaque PJ était à la fois DM et PJ. Un minimum de bon sens suffit à faire en sorte que cela fonctionne, notamment pour les PNJ qui doivent être équilibrés vis à vis du niveau des PJ. Une section HRP permet de compléter le dispositif et de discuter des différents sujets concernant le RP en cours. Voilà pour l'explication. Si cela vous tente, vous pouvez à tout moment intégrer la partie, vous êtes les bienvenus ! Merci de faire votre demande dans la section "L'auberge à papote". Smile )


Dernière édition par Nath le Sam 29 Oct - 23:29, édité 1 fois
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Frenchtouch03
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 0:55

Mériale Ambrepierre et Tancrède Beormus s’étaient donc rendus au point de rendez-vous désigné par le fermier qu’ils avaient rencontré une semaine plus tôt. Là, l’homme leur avait de nouveau raconté les légendes du peuple des montagnes, mi-homme mi-oiseau, capable de guérir de la plus terrible blessure la moindre des créatures, avant que leur empire ne disparaisse de façon aussi soudaine que mystérieuse, sur laquelle les récits se contredisaient autant de fois qu’il y avait de version de l’histoire.

Mériale réitéra alors sa promesse de partir à la recherche de la formule de dépétrification afin de soulager la région de la menace des innombrables cockatrices qui hantaient ces landes et ces grottes. Tancrède acquiesça de son côté, jugeant la cause noble et celle qui s’en faisait défenderesse bien plus encore.

Ayant laissé le fier Hamiraga et le joyeux Enumasam à l’auberge du dernier village avant le pays sauvage (Des aventures les appelaient ailleurs.), les deux compagnons étaient partis avec une résolution sans faille pour la chaîne de montagnes qui obstruait l’horizon, non sans acheter au préalable le matériel de survie (Vêtements, rations, allumettes et torches, etc…) et d’escalade nécessaire pour mener à bien pareille entreprise. Comme atteindre le lieu des ruines mystérieuses leur demanderait bien trois jours de marche et que le temps de fouille pouvait être variable, ils prirent chacun de quoi survivre une semaine en pleine nature dans leur sac à dos.

Malgré son état déplorable, Tancrède s’était résolu à garder sa cape et s’employait à la rafistoler lui-même aux arrêts entre les marches. Il en expliqua la cause à Mériale lors de l’une d’entre elle :


- Dans mon village natal de Nulle Part, chaque premier-né annonce une chasse aux Gnolls ; ces bêtes pullulent dans les Hautes Landes et, comme nous ne sommes pas très nombreux, nous parvenons toujours à en trouver sur notre route quand l’enfant vient à naître. Généralement, nous brûlons les corps des monstres abattus mais, pour l’occasion, une procession s’organise pour les ramener au village. Là, les nouveaux parents choisissent la peau qui leur convient le mieux.

Là, Tancrède se sentit obligé de se justifier :


- Nous manquons cruellement de ressources, à Nulle Part. La fourrure de Gnoll, bien que peu présentable, tient convenablement chaud et résiste à toutes les rigueurs du voyage. Du voyage ordinaire, s’entend. Au jour de ses quinze ans, on donne la fourrure au jeune homme ou à la jeune fille pour marquer son passage à l’âge adulte, où il ou elle pourra partir à son tour chasser les monstres qui grouillent sur nos terres. C’est un bon âge pour comprendre la valeur d’un tel cadeau. D’autant plus qu’il faut bien quinze années pour que la fourrure de Gnoll perde son odeur…

Ayant enfin terminé de la réparer, Tancrède eu la satisfaction de pouvoir de nouveau s’habiller de sa fourrure sombre comme la nuit.

Sur ce, les deux compagnons se remirent en marche. Ils parcoururent des landes encore inexplorées, dont la beauté sauvage n’avait pas encore été travaillée par la civilisation des Hommes. La beauté du paysage n’était pas discrète, mais Tancrède n’y faisait pas attention : seul pour lui comptait la cause qu’il défendait : soigner et protéger les populations innocentes. Cette beauté toute spirituelle résonnait dans toutes ses réflexions et, dans son esprit cartésien, y trouvait un écho qui l’empêcha de profiter pleinement du trajet. Tel était encore son point de vue sur le monde ; celui qui devait changer dans son parcours vers la vieillesse. Ou peut-être plus simplement la sagesse.

De même, bien qu’apportant volontiers son aide à Mériale si celle-ci avait des difficultés, Tancrède n’était pas à proprement parlé le plus prévenant des hommes. Un Paladin de Torm qu’il avait un jour côtoyé lui avait assuré « qu’il ne fallait pas attendre que quelqu’un tombe dans le précipice pour lui désigner le pont », à comprendre qu’il fallait anticiper le besoin des autres pour leur apporter leur aide au moment opportun. Mais le Nordique avait été élevé à la dure dans un environnement impitoyable où chacun devait faire ses preuves et, bien qu’il apportât généreusement son aide à ceux qui en avaient le besoin, il attendait toujours que ce quelqu’un en question soit dans le besoin pour venir. Il attendait que les autres essayent de vaincre par leurs propres moyens, et s’ils échouaient il était là. Mais pas avant. Ce point de vue très tranché sur le monde gouvernait la vie du chasseur comme ses autres convictions très « noir et blanc ». Là aussi, il devait par la suite apprendre à s’assouplir…

La matinée ensoleillée du troisième jour de marche touchait à sa fin quand les premières ruines furent en vue, après une demi-journée de progression ardue dans les montagnes. C’était une tour en ruine, sans toit.


- Peut-être était-ce une tour de guet de l’ancien empire des Hommes-Oiseaux. Fit Tancrède en la montrant du doigt. À moins que nous ne marchions sans le savoir dans une rue d’une grande métropole, dont le seul vestige se trouve devant nous…

Le Nordique haussa les épaules.


- De toute manière, il nous faut l’explorer.
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Nath
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:04

Mériale n'en dit rien mais voyager ainsi, gravir le sol inégal de la montagne tout en admirant la beauté sauvage qui s'offre à son regard réveille en elle une allégresse qu'elle n'a pas connu depuis la naissance de ses filles. Son cœur se réjouit de cette liberté qui la mène vers l'aventure pour la bonne cause. Jeune fille, elle rêvait de partir ainsi pour faire quelque chose de bien afin d'aider les autres et voilà qu'aujourd'hui, alors qu'elle ne s'y attendait plus, l'occasion lui est donnée de vivre enfin cette belle aventure.

Vivre ce moment avec Tancrède à ses côtés l'a réjouit d'autant plus. Elle ne saurait dire pourquoi mais dès le début, la fermière s'est sentie à l'aise avec lui.


°° Peut-être parce que c'est un homme simple, comme moi ? Nous venons d'un milieu rural tous les deux, cela aide pour nouer une amitié. °°

Certes, il s'est montré plutôt réservé et peu loquace au début de leur rencontre mais depuis les choses se sont grandement améliorés. Même s'il reste timide dans ses relations aux autres aux yeux de Mériale, elle sait qu'il va se sociabiliser à son contact et à ceux des gens qu'ils pourront croisés. Elle l'espère même.

Elle apprécie sa façon de ne pas se montrer condescendant et de laisser les gens faire par eux-même sans chercher à les arrêter sauf s'il juge qu'il y a du danger et de ne proposer son aide que lorsque l'autre n'y arrive pas tout seul. C'est une grande qualité et une preuve de respect.


°° C'est un brave homme. Un homme de bien. °°

Lorsqu'il lui explique, au cours d'une de leur halte, la signification de sa cape de fourrure pourtant bien usée, Mériale hoche la tête d'un air entendu et sourit.


- Je comprend, Tancrède, et c'est une tradition qu'il est bon de faire perduré. Mais il arrivera un moment où vous ne pourrez plus guère la rafistoler. Cela ne veut pas dire qu'il faudra vous en débarrasser, loin de là, mais il faudra la ranger précieusement dans un coffre ou l'exposer sur le mur de votre maison. Vous pourrez ainsi raconter ce que vous avez vécu en la portant à vos enfants, le soir , au coin du feu.

Durant les jours de voyage qu'elle passe avec le rôdeur, la fermière se livre un peu et raconte sa rencontre avec son aventurier de mari, les moments difficiles qu'elle a pu passer lorsque sa famille, qui ne voulait pas la voir marier à l'homme qu'elle s'était choisie, la rejetait, la naissance de ses triplés, la réconciliation familiale grâce à ses trois anges. La douleur lorsque Philianir est mort et son départ de la côte des épées. Son voyage avec ses enfants pour arriver jusqu'ici et la maladie de sa fille la plus délicate.

Elle parle de sa solitude, malgré tout. Sa solitude car elle n'a que peu d'amis, elle n'a plus sa famille autour d'elle à part ses filles, bien sûr. Et surtout, elle se sent seule car elle n'a plus la présence de son mari auprès d'elle. Prise dans sa lancée de confidences, elle s'aperçoit un peu tard qu'elle en a dit plus qu'elle n'aurait dû. Elle sourit, passant sa main dans ses cheveux flamboyants avant de dire.


- Oups, pardon, je dois vous paraître bien inconvenante de me confier ainsi. Mais cela fait du bien de pouvoir parler à quelqu'un de tout ce que je ressens. Voyez-vous, ce sont des choses que je ne puis pas dire à mes filles car elles ne le comprendraient pas. Elles seraient tristes pour moi et s'inquiéteraient et cela je ne le veux pas.

Lorsqu'il arrivent face à cette tour sans toit, elle l'observe bien et acquiesce, d'accord avec ce que dit Tancrède.


- Oui, on dirait bien une tour de guet. Je ne pense pas que cela soit les restes d'une grande rue, il y aurait bien plus de ruines autour de nous pour cela. Allons voir...Mais prudence.

Mériale sort son arme et avance avec précaution. Qui dit ruine ne veut pas dire aucun risque, bien au contraire. Elle fait attention où elle pose les pieds, craignant de déclencher quelques pièges laissés là jadis par les habitants. Surtout, elle laisse Tancrède passer devant, sachant qu'un rôdeur s'y connait mieux...
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:06

La haute tour se dressait face aux deux aventuriers. Ou plutôt « s’écroulait ». Voyant que Mériale le laissait passer devant (Ce qui était sage, jugea-t-il.), il s’avança précautionneusement de sorte à étudier l’édifice en ruine. Il s’agissait de ne pas se retrouver dessous un éboulement, de ne pas en provoquer un, de ne pas déranger un potentiel animal sauvage caché dans les décombres… et tout simplement de trouver un moyen de l’explorer et plus spécifiquement de monter à l’étage supérieur : le rez-de-chaussée, laissé à l’air libre par le mur en grande partie écroulé, ne présentait pas grand intérêt, même après une fouille.

- Je devrais pouvoir tirer quelque chose des restes de l’escalier. Indiqua Tancrède. Il est comme le reste de la tour : en pierre massive… Il devrait résister à notre poids.

Il prit la corde et le petit grappin d’escalade qui pendait à sa ceinture et s’approcha prudemment de son objectif. Alors qu’il ajustait son lancer pour trouver une prise à l’étage supérieur qui lui permettrait d’assurer plus encore le cheminement de l’escalier, le Nordique en vint à se demander si leur quête n’était pas veine. En effet, ces fameuses tablettes étaient perdues depuis des siècles et personne n’était jamais parvenu à les retrouver… Il fallait être habité par un fol espoir pour penser les retrouver dans les nombreuses ruines qui parsemaient le paysage de la région. Heureusement, Mériale semblait avoir de l’espoir pour deux, ce qui n’était pas du luxe pour Tancrède, qui avait une légère inclinaison au fatalisme. Mais ça, le chasseur se le dit intérieurement avec des mots plus doux et plus grognon : il n’aimait pas se rappeler ses défauts !

Il en était là de ses réflexions quand il trouva enfin une prise à l’étage supérieur ; avec le plancher en grande partie effondré, il lui avait suffit de lancer son grappin à travers le plafond. Là, il s’assura de la prise en tirant dessus ; elle était solide.


- Je vais tenter de monter les escaliers en m’aidant de la corde. Si jamais tout va bien, vous pourrez faire de même pour me rejoindre.

Ou comment se compliquer la vie en se jetant dans la gueule d’une aventure dont la conclusion sera peut-être votre mort atroce… Même monter des marches devenait un défi, puisque le moindre bâtiment visité était forcément hostile à l’homme ! Tancrède regrettait ses opérations à la Porte de Baldur, dans des manoirs tout à fait salubres et sécurisés… Enfin, c’était bien la seule chose qu’il regrettait de cette époque. Et, bien entendu, avec sa fem…

- Skreee !

Le cri le prit par surprise, de même que l’apparition de l’affreuse petite créature semblable à un oiseau terrestre haut comme un gros chien, ses petits yeux mauvais tournés vers les siens.

- Blok-borg ! Jura Tancrède en Orque, reconnaissant une cockatrice !

Surprit, il recula en se couvrant le visage, et ce fut le moment que choisit une pierre pour se déchausser sous ses pieds. Ayant lâcher la corde, le Nordique se retrouva en équilibre instable au bord du vide, alors qu’il était au point le plus haut de l’escalier, soit environ une dizaine de mètres. Une telle chute lui serait peut-être fatale, aussi, dans un coup de reins désespéré, se précipita-t-il en avant pour s’écrouler sur le plancher de l’étage supérieur, lieu de résidence de la cockatrice. Cette dernière, surprise que son regard ait eu si peu d’effet sur sa proie, paniqua quelques instants en la voyant s’effondrer dans sa direction, et recula vivement en pensant que c’était une attaque dirigée contre elle que ce mouvement brusque. Bondissant sur place en lançant des cris aigus, elle était plus que surprise, ce qui permit au chasseur de se redresser et, dégainant l’une de ses épées courtes, de lui trancher son fin cou. L’animal magique était en effet d’une taille moindre, et de loin, que celle de la dernière cockatrice rencontré par Tancrède. Se redressant, retrouvant son équilibre sur la portion solide du plancher, le Nordique s’autorisa un soupir de soulagement en voyant le petit corps malingre s’écrouler, et les yeux pétrificateurs se voiler.


°° Par Torm ! Quelle magie est donc responsable de… ? °°

Une grande brûlure à la poitrine l’interrompit dans ses pensées. Plongeant sa main son sa légère armure de voyage, il en tira le pendentif qu’il portait toujours : la laide pierre noirâtre semblait chauffée à blanc.

°° Que signifie cet évènement ? °°

Mais le chasseur se souvint de Mériale, un étage plus bas. Ou était-elle montée en le voyant brusquement disparaître ?

Dissimulant précipitamment le pendentif refroidi, il se redressa.
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Nath
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:18

Mériale laisse Tancrède passer devant elle et l'observe durant l'inspection qu'il fait du rez de chaussée de la tour. Elle penche un peu la tête de côté et laisse un peu ses pensées vagabonder.

°° Si je dois m'absenter de ma ferme pour partir à l'aventure, il faut que j'apprenne des choses qui m'aideront pour survivre. Comme par exemple savoir inspecter des lieux comme est en train de le faire Tancrède pour détecter des pièges ou trouver des traces ou des indices de la présence d'un danger. Il faut aussi que je m'améliore dans le maniement des armes. Même si je ne suis pas mauvaise avec mon cimeterre, apprendre quelques techniques supplémentaires ne peut que m'aider. °°

La voix du rôdeur la ramène à la réalité et elle hoche la tête brièvement quand il explique qu'il va escaladé le reste de l'escalier en s'aidant de sa corde et de son grappin.


- Allez-y, je surveille ici en attendant.

Le regard de la rouquine pétille de contentement. Elle apprécie vraiment de se trouver ici, en pleine nature sauvage, avec Tancrède. Elle qui a passé sa vie jusqu'à maintenant à travailler la terre, à s'occuper de ses filles, la voici qui devient aventurière. Mais aventurière pour la bonne cause et c'est cela qui la comble d'aise. Savoir qu'ils font tout ses efforts pour aider les autres gonfle son cœur de fierté et de joie. Elle regarde Tancrède grimper avec agilité et admire son savoir-faire.

Elle sursaute violemment quand elle entend le cri strident de la cockatrice. Elle lève instinctivement la tête et pousse un cri d'effroi en voyant Tancrède perdre l'équilibre quand une pierre se détache du sol. Le voir tanguer, manquer basculer dans le vide en se cachant le visage la terrifie.


- Tancrède !!

Elle se précipite vers l'escalier branlant et tente de grimper tant bien que mal. Elle s'agrippe aux pierres à moitié décelées du mur et se hisse pour atteindre l'étage. Elle entend le bruit que fait le rôdeur en atterrissant lourdement sur le sol et les petits cris de la créature et crispe les mâchoires. L'adrénaline aidant, elle réussit à grimper et fait littéralement un bond pour atterrir à l'étage.

A peine ses pieds ont-ils touchés le sol qu'elle dégaine sa lame et balaie d'un regard farouche la pièce où elle se trouve. Encore à moitié à genou, elle se relève tandis que la tête de la cockatrice roule par terre. Le rôdeur lui tourne le dos mais semble se pencher un peu en avant comme s'il venait d'être blessé. Mériale se raidit aussitôt, effrayée. Elle s'approche du rôdeur et pose sa main libre sur son épaule.


- Tancrède, tout va bien ? Tu es blessé ?

La peur, le stress lui fait utiliser le tutoiement vis à vis du rôdeur sans même qu'elle s'en aperçoive. Elle va pour demander s'il a besoin d'un coup de main lorsque un bruit mat se fait entendre derrière elle. La fermière fait volte face et se retrouve nez à nez avec un ptéranodon. Le volatile attaque aussitôt et lance son bec acéré en avant. Mériale pousse un cri de douleur quand le bec du dinosaure traverse le tissu de sa tunique et déchire la chair de son épaule gauche.

Elle fait un bond en arrière, se donne de l'espace pour manœuvrer et contre-attaque. Son cimeterre touche le volatile au poitrail mais le coup n'a pas suffisamment de puissance pour faire de gros dégâts. Toutefois, la blessure surprend le dinosaure qui recule un peu et laisse quelques secondes de répit à Mériale pour se reprendre et être prête pour la prochaine passe d'arme.
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:22

Avec l'attaque du dinosaure, Tancrède n'a pas le temps de répondre à Mériale. En fait, il est bien trop étonné par l'étrange créature qui lui transperce l'épaule !

°° Voilà ce que c'est que de prendre du repos ! Se morigéna-t-il intérieurement. C'est de ma faute si elle est blessée... Je réfléchirais plus tard à ce phénomène ! °°

Secouant la brume qui lui avait envahie l'esprit quelques instants plus tôt, il chargea le ptéranodon avec une fougue plutôt convaincante.

Voyant la blessure légère que lui avait infligé la fermière, il songea :


°° Cette chose est étrange, mais si ça peut saigner... alors ça peut mourir ! °°

Or donc, la créature tourna ses yeux injectés de sang vers celle de ses proies qui venaient de la frapper. Tancrède s'étant prudemment reculé, elle sauta au bas du mur sur lequel elle s'était posée mais, maladroite sur le sol, elle tituba quelque peu.

Le chasseur espéra pouvoir en tirer partie et s'élança, épée tendue en avant, prête à s'enfoncer dans les chairs. Mais le ptérodactyle se pencha brusquement sur ses ailes, dont les griffes semblables à de petites mains malingres s'écrasèrent sur le sol en mimant des mains. Fort de ce nouvel appui, le monstre put déployer son cou et frapper.

Son bec ripa sur l'armure du Nordique, qui fut envoyé contre le mur et lâcha l'une de ses lames. Un instant étourdi, Tancrède n'eut pas le temps de reprendre son arme : le ptérodactyle écrasa son bec sur ses côtes, commençant à le secouer pour le gober comme un vulgaire poisson !

Incapable de dégainer sa seconde épée courte, le chasseur travailla des poings et des pieds, sans parvenir à faire lâcher prise à la bête. Il allait devoir attendre une intervention extérieure ou trouver une autre idée pour espérer s'en sortir !
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:25

Mériale prend une grande inspiration, prête à attaquer de nouveau, quand elle voit passer un ouragan virevoltant en la personne de Tancrède. Surprise, coupée dans son élan, elle se fige pour voir le rôdeur bondir devant elle et faire reculer le dinosaure ailé. La réaction protectrice instinctive du nordique lui fait chaud au cœur mais l'heure n'est pas à l'attendrissement et la contre-attaque rapide du monstre lui donne aussitôt raison.

A son grand effroi, le ptéranodon projette Tancrède contre le mur avec une si grande violence que le rôdeur en lâche sa lame. Avant qu'il n'ai le temps de sortir son autre épée courte, le monstre le saisit dans son bec immense et se met à le secouer comme une vulgaire poupée de chiffons. La fureur mêlée à la crainte de voir Tancrède mourir donne à Mériale un réel coup de fouet.

Elle prend de l'élan afin de bondir à son tour, cimeterre levé au dessus d'elle, pour atterrir sur le dos du ptéranodon. La lame transperce le cuir épais du dos de la bête et s'enfonce dans les chairs. Elle s'appuie de toutes ses forces sur le pommeau de son arme pour la faire pénétrer plus profondément et sent le monstre se cabrer sous la douleur.

Le ptéranodon pousse un cri perçant et lâche sa proie avant de se mettre à gigoter dans tous les sens pour se débarrasser de son encombrante charge. Mériale s'accroche comme elle peut à son arme pour ne pas faire comme le rôdeur et la lâcher. La perspective de se retrouver nez à nez avec la bête sans arme ne l'enchante pas du tout. La pugnacité de la fermière lui permet de ne pas lâcher son cimeterre mais les mouvements du dinosaure sont si puissants qu'ils parviennent à faire sortir l'arme de la chair où elle se trouve.

Mériale est éjectée du dos du monstre et tente de se réceptionner au mieux. Malheureusement, l'acrobatie n'est pas le fort de la rouquine qui s'écrase sur le sol lourdement. Malgré la douleur qui lui vrille le corps, elle remercie intérieurement Tymora de ne pas s'être rompu le cou dans la chute. Elle se relève aussi vite qu'elle peut, fixant son regard farouche sur le monstre qui s'apprête à lui foncer dessus.
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:27

L’intrépide Mériale l’ayant dégagée de l’étreinte du monstre, Tancrède tomba au sol. Se retrouvant à plat ventre, il dut chasser le plus rapidement qu’il lui fut possible les étoiles devant ses yeux pour éviter la griffe du ptéranodon ; celui-ci cherchant surtout à se débarrasser de la fermière, il ne prêtait plus attention et menaçait de l’écraser sans y faire attention. Le chasseur roula sur le côté, dans la poussière et les gravats, pour se retrouver accroupi et chancelant, accoudé aux débris qui occupaient la plus grande partie de cette étage.

Il fallait mettre fin à cet affrontement le plus vite possible. Il y avait des proies qu’il était bon de tuer sur la longueur, mais le Nordique commençait à douter que le monstre ailé atteigne jamais la limite de son endurance ; du moins, pas avant que les aventuriers ne dépassent la leur… Les mesures draconiennes et peu orthodoxes s’imposaient.

À la Porte de Baldur tout comme à Milieu de Rien - son village natal - l’Homme du Nord avait su se montrer des plus attentifs et inventifs quant à son environnement en combat. À l’étage de cette tour délabrée, il ne lui fallut pas longtemps pour remarquer d’inquiétantes zébrures sur le sol antique. Et encore moins pour dégainer son épée et prendre sa décision.

Aussi, quand sa compagne d’aventure fut rejetée en arrière, déséquilibrant momentanément le monstre, il s’élança sur ce dernier. Comme il l’avait prévu, le ptéranodon ne pouvait utiliser son arme principale, son bec ; quant à ses ailes dont la force aurait pu l’envoyer valdinguer plusieurs mètres plus loin, elles battaient dans le vide alors que la pataude créature tentait de retrouver son équilibre sur cette passerelle où elle était bien à l’étroit. Cette inattention allait lui coûter cher : d’un coup d’épaule, Tancrède la précipita dans le vide.

La chute n’aurait pas été mortelle en elle-même, le chasseur le savait bien, et le monstre aurait été libre de revenir à l’attaque quelques instants après son atterrissage forcé. Aussi, dans un mouvement guidé par les larges marques au sol, abattit-il son arme dans la fragile membrane qui servait d’aile à l’animal, avant de la relâcher aussitôt. Tel un clou démesuré, l’arme retint le membre au plancher de l’étage, alors que le reste du corps pendait entre celui-ci et le rez-de-chaussée.

Le ptéranodon s’agita comme un beau diable pour se dégager de cette situation…


- Reculez, Mériale.

Prévint Tancrède en reculant calmement, d’aucun dirait sombrement.
… secouant la pierre instable à laquelle il était retenu. Quelques secousses après, le tout se détachait : épée, aile, ptéranodon, pierre… et allait se fracasser en contrebas.
Avec un regard sur le tas informe qu’était maintenant le rez-de-chaussée, Tancrède fit tomber du bout du pied un petit caillou. Celui-ci s’écrasa au sol sans provoquer de réaction. La bête était morte.

Pendant une fraction de seconde, une ombre voila les yeux du chasseur. Ce n’était pas la lueur flamboyante de la victoire, comme l’avait fait remarquer un Barbare Uthgard avec qui il avait été, jadis, forcé de voyager, mais simplement la satisfaction d’avoir mit fin à la vie.

Comprenons-nous bien : Tancrède était loin d’être parfait. Cette désagréable caractéristique en était un exemple. Mais il faut bien comprendre que par un code de vie strict et une grande observance des préceptes de Torm, le Nordique muselait ce goût de la mort pour en faire une arme au service du Bien.

Malheureusement, chassez le naturel, il revient au galop : Tancrède aimait cette impression de finalité comprise dans le décès de son adversaire. Il ne rugissait pas « Victoire ! », ne rendait pas hommage aux morts, n’entonnait pas des chants immémoriaux. Il se disait simplement intérieurement « Ta vie ici est finie. J’en suis responsable parce que je suis encore là pour tuer les ordures dans ton genre. Tu pars. Je reste. » et de savoir que son adversaire ne pourrait plus jamais rien faire de préjudiciable à lui-même ou aux autres gens de Bien était pour lui la meilleure des récompenses.

Si jamais un seul évènement dans sa vie s’était passé différemment, il eut été possible que le chasseur devienne l’un des pires agents du Mal… Mais fort heureusement, il n’en avait rien été. Le temps où il avait mérité sa Quête de Pénitence était heureusement révolu… pour l’instant.
Se retournant vers Mériale, Tancrède en profita pour ramasser l’épée qui était restée à l’étage avant de lui demander si tout allait bien.


- Êtes-vous entière ? Par Torm, je n’ai jamais vu une femme aussi courageuse ! N’êtes-vous pas disciple de Tempus à vos heures perdues ?
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Nath
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:31

Mériale dérape sur le sol poussiéreux en voulant se relever à toute vitesse. Elle met alors toute son énergie à ne pas retomber, terrifiée à l'idée de donner au ptéranodon l'opportunité de l'attaquer à nouveau. Heureusement pour elle le dinosaure titube également, déséquilibré par la subite perte de poids sur son dos. Soulagée, la fermière se remet debout et affermit sa prise sur le pommeau de sa lame, prête à attaquer. Elle n'en a pas le temps car Tancrède fonce sur la créature et d'un coup d'épaule puissant fait basculer la bête dans le vide. Avec une rapidité saisissante, le rôdeur plante sa lame dans la membrane du volatile préhistorique avant de reculer d'un bond.

Alors qu'elle s'apprête à s'élancer, le combattant nordique la stoppe net en lui intimant l'ordre de reculer. Sans chercher à comprendre, faisant confiance au rôdeur, elle recule rapidement. Elle fait bien car la seconde suivante une bonne partie du sol s'effondre sous les soubresauts sauvages et le poids du volatile géant. La bête et les gravats s'écrasent en contrebas dans un fracas assourdissant. Quand le silence revient, Tancrède lance un caillou pour vérifier que l'animal ne bouge plus. Rassuré sur la mort du dinosaure, il se tourne vers Mériale pour lui parler.

La fermière baisse son arme avant de la ranger dans son fourreau. Elle hoche la tête et sourit au rôdeur.


- Oui, je suis entière mais avec quelques plaies. Cette grosse bestiole ne m'a pas loupé.

Le compliment sur son courage fait sourire la rouquine de plus belle. Elle secoue la tête avant de répondre.

- Je ne crois pas être plus courageuse qu'une autre mais face à un danger je ne vois que deux options : soit fuir, soit affronter ce danger. J'ai tendance à choisir la seconde option.

La référence au dieu de la guerre amène une lueur de nostalgie dans le regard clair de la fermière.

- Mon défunt mari, Philianir, était un excellent combattant et avait une vénération toute particulière pour Tempus. Quand nous nous sommes mariés, c'est lui qui m'a enseigner les bases du combat. Il m'a souvent dit que j'avais une âme de guerrière. Je crois que c'est assez vrai, même si je ne recherche pas pour autant la confrontation.

Elle fouille dans la poche de son pantalon et en retire en morceau de tissu. Elle lève les bras et saisit sa flamboyante chevelure des deux mains afin de la remonter en un chignon improvisé qu'elle fait tenir à l'aide du morceau de tissu. Cette opération faite, la nuque dégagée, la fermière se sent plus libre de ses mouvements.

°° Mieux vaut retenir mes cheveux en chignon car au combat, les cheveux longs sont un gros désavantage. Ils offrent une prise possible pour l'adversaire et peuvent également se prendre dans les éléments environnants. °°

Une fois sa nouvelle coiffure faite, la rouquine observe un peu l'étage où ils se trouvent pour voir si quelque chose pourrait leur être utile dans la quête des tablettes qu'ils recherchent. Tout en faisant un tour sur elle-même lentement pour voir la pièce en ruine dans son ensemble, elle demande au nordique.


- Je pense que l'on peut se tutoyer maintenant, tu ne penses pas ? Cela serait plus simple.
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:33

Un instant gêné d'avoir rappelé à Mériale son ancien mari, Tancrède est bien content qu'elle change immédiatement de sujet :

- Hum, oui, le tutoiement... Grogna-t-il. Chassez le naturel, hum... Je vais fouiller la tour...

Et c'est ce qu'il fit. Tout comme le rez-de-chaussée, le seul étage ayant résisté à la chute des autres et aux ravages du temps ne présentait guère d'intérêt. Dans un coin, on devinait le nid de la cockatrice. Le ptéranodon avait écrasé l’œuf qui l'occupait, n'en laissant qu'une bouillie informe que Tancrède fouilla de son épée, au cas où. Mais rien d'intéressant ne fut trouvé.

Alors qu'il essuyait son arme sur le plumage du corps de l'oiseau pétrificateur, le rôdeur se rendit compte que le soleil de midi tapait plus fort que lors des premiers temps de sa montée, où il s'était retrouvé à l'ombre. Il comprit que le monstre ailé avait dérangé bine plus qu'un nid : le tas de gravats et de détritus qui occupait la plus grande partie de l'étage s'était dangereusement affaissé pendant l'affrontement.

Sans mot dire, le Nordique entreprit d'escalader cette nouvelle surface ; il se rendit vite compte qu'il y parvenait sans grands efforts, et que cet escalier improvisé était de meilleure qualité que celui qui l'avait mené jusqu'à l'étage ! Mais là-haut, la tour ne présentait pas plus d'intérêt : le toit s'étant effondré, ce n'était plus qu'une bouche de pierre irrégulière béant au soleil. Mais la vue, par contre, valait le coup d’œil.


- Mériale, viens voir ! Appela-t-il. Le chemin de pierre que nous avions cru suivre... Ce n'était pas un chemin ! C'était un rempart !


En effet : reliée à la tour, une bande de pierre qui, de loin, pouvait ressembler à une très vieille route, se poursuivait vers le sommet de la montagne, tout proche. Du haut de son point de vue, Tancrède pouvait voir que la pierre reliait la tour en ruine à une autre, et encore une autre, jusqu'à ce que le chemin - conservant parfois sa forme originelle de rempart - entour tout un grand champ de ruines plus ou moins complète. C'était là, sans doute, qu'il fallait concentrer les recherches.
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Nath
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 17 Mai - 1:36

A la demande de Tancrède, Mériale se met à grimper pour le rejoindre à l'étage. Le trou béant qu'elle découvre ouvre, en effet, sur une vue incomparable des environs. Un instant, la fermière reste bouche bée devant un si beau paysage avant de reprendre contenance et d'observer de façon plus détachée ce qu'elle voit.

Il est évident, comme l'a dit le rôdeur, que ce qu'ils avaient pris pour les restes d'une route pavée étaient en fait les ruines d'un rempart. Cependant, en y regardant de plus près, il semble à la rouquine que les ruines à l'intérieur des remparts ne soient pas assez nombreuses pour être celles d'une vaste cité.

Mettant sa main en visière pour ne pas être éblouie par la clarté du soleil, elle aperçoit au loin une sorte de rétrécissement des remparts. Cet engorgement lui fait penser à une sorte d'allée qui suit le terrain en pente. L'allée, pour peu qu'il s'agisse bien de cela, disparait avec la montée du terrain, cachant pour le moment à son regard le reste des ruines.

La fermière fronce les sourcils en réfléchissant. Elle finit par rompre le silence en montrant du doigt la mystérieuse allée et en disant.


- Regarde là-bas, on dirait une sorte d'allée qui continue vers un endroit qu'on ne peut voir d'ici.

Balayant d'un ample geste du bras les vastes ruines entourées des restes de rempart, elle explique son point de vue au nordique.

- Je crois que ce que nous sommes en train de contempler ne sont pas que les ruines de la cité mais juste une partie de celle-ci. Comme une sorte de faubourg, tu vois ? Peut-être même cette allée était-elle fermée à ses extrémités par des portes. C'est souvent le cas dans les grandes cités pour séparer le centre-ville et les divers quartiers qui la constituent. Si j'ai raison et que ces ruines ne sont que celles d'un des quartiers de la cité, alors, il va nous falloir du temps pour tout fouiller !

Elle sourit au rôdeur tout en continuant à regarder l'immense champ de ruines.

- Ne t'inquiète pas, je ne me démotive pas le moins du monde. Je te propose que nous allions vérifier ma théorie en grimpant en haut de la pente afin de voir si derrière se trouve bien les autres quartiers de la cité.

Sans attendre la réponse de Tancrède, Mériale redescend de l'étage et regagne le plancher des vaches avec un certain soulagement. L'idée de voir le plancher s'effondrer sous leur poids l'ayant mise mal à l'aise durant tout le temps passé dans la tour. Il faut aux deux aventuriers une bonne heure de marche pour atteindre le goulet aperçu de la tour de guet. Vu d'en haut, les ruines paraissaient petites mais en marchant au milieu d'elles, Mériale s'émerveille de voir combien ce qui reste des bâtiments est encore de bonne taille. Certains murs mesurent toujours plus de deux mètres de haut et cela l'inquiète un peu.

°° N'importe qui ou n'importe quoi pourrait s'approcher de nous sans qu'on puisse le voir. Il va nous falloir être extrêmement vigilant surtout la nuit. °°

A l'entrée de l'allée, une fouille rapide voit se vérifier la théorie que la fermière a suggéré plus tôt. Elle montre au rôdeur ce qu'elle vient juste de trouver dans des gravats et qui fut certainement des gonds de portes monumentales.

- J'avais raison, Tancrède, regarde ! Nous devons bien être dans un quartier de la cité.

Forts de cette constatation, le duo grimpe la pente ensemble. L'allée continue sur une vingtaine de mètre avant de déboucher sur d'autres ruines. Mériale sourit, contente de voir que sa théorie s'avère exacte. Cependant, les ruines sont, là aussi, assez hautes par endroits et il est difficile de voir jusqu'où elles vont et si une autre allée mène à un nouveau quartier. Pour l'heure, Mériale propose de rebrousser chemin et de retourner jusqu'à la tour de guet.

- Nous devrions d'abord fouiller ce premier quartier avant de passer au second. Qu'en dis-tu ? Mais avant toute chose, il faudrait trouver un lieu pour notre campement. Nous risquons de passer plusieurs jours pour inspecter les lieux et il faudrait réussir à dénicher un coin d'où nous serions le moins visible possible pour les autres mais d'où nous pourrions, nous, avoir une bonne vue des alentours tout en étant à l'abri des intempéries. Peut-être une grotte ?
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Ven 20 Mai - 0:23

Tancrède répondit à Mériale avec un hochement de tête affirmatif :

- Je vais chercher un abris sûr pour la nuit. Explorer cet ancien… bourg devrait nous prendre le reste de la journée. Assurer nos arrières est la meilleure chose à faire.

Ils suivirent donc le chemin créé par le rempart rasé jusqu’à terre pour arriver au premier groupement de ruines (Non sans avoir récupéré l’épée courte dans les gravats.). Les ravages du temps, ou même d’autre chose, avaient rendus méconnaissables le style architectural des bâtiments. Personne ne pouvait plus savoir comment vivait les Aarackocras en des temps immémoriaux ; on pouvait simplement se douter que les tours devaient être hautes, à la vue des fondations. Quoi de plus naturel pour des Hommes-Oiseaux dotés d’immenses pouvoirs ?

Mais cette pensée assombrit de nouveau l’esprit de Tancrède, qui n’était pas d’un naturel joyeux : qu’avait donc subit cette civilisation pour, d’après les légendes et ce qu’ils voyaient de ses yeux, disparaître aussi brusquement et complètement ? L’essoufflement de la natalité ne fait pas tomber les murs, de même qu’une simple migration… Il vint à l’idée du chasseur que c’était plutôt là le fait de quelque horde maléfique, ayant fait ployer le peuple légendaire sous le nombre de ses assauts. Qui avait bien pu en être l’auteur ? Les Orques ou les Gobelins qui infestaient encore les étendues de Faêrun ? Un autre peuple mythologique ?

Mais si ces considérations sinistres touchaient tant le moral du Nordique, c’est qu’il ne pouvait s’empêcher de faire le rapprochement avec la situation actuelle des Hommes à travers le continent, et plus particulièrement son village de Nulle Part, isolé dans les Hautes-Landes, entouré de Troglodytes, Gnolls, Trolls et autres…

Il se demandait comment pouvait bien s’en sortir le dernier Protecteur en date, ce guerrier qui avait pour mission de défendre le village ? Il devait être vieux, maintenant…


- Ici.

C’était les premiers mots que Tancrède prononçaient depuis leur arrivée au bourg ; il avait bien discuté un peu sur le chemin, mais son attitude morose l’avait emmuré dans un silence renfrogné. Le son de sa propre voix lui sembla étrange dans ces vestiges de civilisation…

Il désignait, flèche encochée, un carré de cinq mètres sur cinq, fondation d’une ancienne maison. Bien qu’entouré de quelques parcelles de murs, il restait globalement dégagé.


- Il y a quelque chose d’anormal dans cette cave. La végétation envahie la ville morte, sauf ici. Pourquoi cette pierre repousserait-elle l’herbe folle ?

Prudemment, il posa un pied sur le carré pierreux. Rien. Les deux. Pas plus de réactions. Après un regard aux environs, il remarqua que le sol semblait se dérober à certains endroits, comme pour tomber dans une cave.

- Voilà la réponse à ma question : il n’y a pas de terre sous cette pierre pour nourri la végétation. Mais alors pourquoi cela continue-t-il aux envi…

La pierre sur laquelle il reposait se déroba sous ses pieds, menaçant de le précipiter à l’étage du bas.
Mais les réflexes du chasseur lui permettent d’éviter le pire, et il fait un bond en arrière pour rester sur ses deux jambes. La pierre, elle, va s’écraser plus bas.


Flop.

Quel étrange son ! Il attire immédiatement l’attention des deux aventuriers, qui, se penchant vers l’ombre de la cave, y voit onduler une grosse masse verdâtre en occupant la surface : une grosse vase, ayant élu domicile ici. La présence de quelques os dans ses remous renseigne sur le sort de ceux qui avaient décelés les premières pierres.

- Je l’ai échappée belle… Je vais marquer l’emplacement avec un petit monticule de pierre, pour éviter de visiter à nouveau cet endroit par mégarde.

Soupira le Nordique.
Tout occupé à penser au sort funeste qu’il venait d’éviter, le chasseur faillit bien ne pas entendre le vol précipité d’une dizaine d’oiseaux, quelques bâtiments plus loin.


- Nous ne sommes pas seuls…

Souffla-t-il en se cachant à l’ombre d’un tas de gravats proche et en invitant sa compagne d’aventure à faire de même.
Un second envol lui fit tourner la tête. Impossible ! Deux fois ? Deux choses ou deux groupes qu’ils n’auraient pas remarqués en fouillant plus tôt dans la journée ? Était-ce de nouveaux arrivants ? Ou quelque chose qui se déplaçait très vite ?
Mais le temps de se poser ces questions, le calme était revenu, invitant à reprendre les fouilles…
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Ven 20 Mai - 2:23

Contente de voir que le rôdeur partage son avis, Mériale le suit dans sa découverte des ruines du premier quartier de l'antique cité des hommes-oiseaux. Comme son compagnon, la fermière observe en silence les vestiges de ce qui fut une ville florissante, il y a des centaines d'années de cela. Elle-aussi se pose des questions.

°° Qu'est ce qui a bien pu se passer ici pour que cette cité se retrouve à l'abandon ? °°


Le temps a effacé les traces qui auraient pu dire s'il s'agissait d'une attaque en règle de la cité ou si les habitants étaient partis rapidement ou peu à peu, laissant la ville à l'abandon.

°° Si seulement les remparts étaient encore debout, nous pourrions peut-être encore y voir les traces éventuelles laissées par les assaillants venus assiéger les lieux. °°

En passant près des ruines les plus hautes, elle tente de distinguer sur la pierre la preuve d'une attaque subie il y a bien longtemps mais, là encore, le temps a effacé le moindre indice.
Un peu dépitée, voire frustrée de ne pas pouvoir en apprendre plus sur le passé des lieux, elle continue à marcher à travers les décombres envahies par la végétation. Le silence prolongé de Tancrède fini par éveiller sa curiosité et elle focalise son attention sur lui plutôt que de continuer à regarder les ruines alentours.
Le visage du nordique ne reste pas statique.

Son regard devient plus sombre, ses traits se durcissent et ses mâchoires se crispent comme s'il pensait à quelque chose de désagréable ou de douloureux. Mériale prend sur elle pour ne pas questionner le rôdeur sur son changement d'humeur. Elle respecte son silence tout en se demandant bien quelles sombres pensées traversent son esprit. Lorsque il se met à parler, après un si long silence, la fermière sursaute, prise au dépourvu.
La voix du rôdeur semble d'autant plus amplifiée qu'elle s'était habituée au silence ambiant juste interrompu par les rafales de vent.

Suivant la direction que Tancrède indique, Mériale regarde le carré de fondation désigné sans comprendre sur le moment. La déduction du rôdeur est pertinente et la fermière se sent un peu honteuse de ne pas avoir eu la même au premier coup d’œil.


°° Voilà encore une chose qu'il faudra qu'il m'apprenne °°

Alors qu'elle pense cela, Tancrède s'avance vers l'ouverture menant dans l'ancienne cave et manque basculer sur la pierre branlante où il se tient. La rouquine pousse un petit cri de surprise mêlé de crainte à l'idée de le voir basculer dans le vide. Heureusement, le rôdeur est agile et d'un mouvement souple il fait un bond en arrière pour éviter la chute.
La pierre tombe dans la cave et le bruit qu'elle fait en touchant le fond l'interpelle immédiatement.


°° Sur quoi est-elle tombée pour faire un bruit aussi bizarre ? °°


Mériale s'approche à son tour pour se pencher en même temps que Tancrède. La grosse masse verdâtre entourée de quelques ossements qu'elle voit ondoyer sur le sol de la cave la fait frissonner.


- Qu'est ce que c'est que cette chose ?  je n'en ai jamais vu auparavant...

En attendant la réponse du rôdeur, elle l'aide à faire un monticule de pierres afin de marquer l'endroit. Pour une fois, elle entend, en même temps que lui, les oiseaux qui s'envolent non loin. Elle fait aussitôt volte face, main sur son cimeterre, sur le qui-vive.

En entendant Tancrède l'inviter à se cacher, la fermière s'exécute rapidement, s'accroupissant à ses côtés. A peine Mériale s'est-elle camouflée qu'une seconde envolée d'oiseaux, à l'opposé de la première, se fait entendre. Elle ne peut la voir de là où elle se trouve mais l'entendre lui suffit pour savoir que Tancrède et elle ne sont pas les seuls dans ces ruines.
Le silence revient dans les vestiges de la cité et seul le vent vient faire bruisser la végétation environnante. Au bout d'un temps qui parait interminable à Mériale, le rôdeur se relève, l'invitant à faire de même. L'idée que quelqu'un ou quelque chose rôde avec eux dans les ruines refroidit son ardeur pour la découverte et la fermière ne pense plus qu'à une chose...

- Il faut que l'on se trouve un abri proche des ruines mais pas à l'intérieur de celles-ci, Tancrède. Comme tu le dis si bien, nous ne sommes pas seuls ici. Trouvons d'abord un lieu où nous replier si besoin est. Un lieu que l'on pourra défendre facilement en cas d'attaque. Nous reprendrons nos recherches ensuite.
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 24 Mai - 16:55

Après un instant de silence, le regard fixé dans la direction du dernier vol d’oiseaux, Tancrède acquiesça :

- Mieux vaut se trouver loin de la ville pour le moment. L’après-midi disparaît… J’ai eu tort de penser cette cité capable de nous accueillir.

Il partit en direction du rempart. Là-haut trouveraient-ils peut-être un lieu sûr…
Autant l’allée avait-elle été sinistre, autant le retour lui sembla tendu au possible. Tous les sens en alerte, le chasseur se rendait bien compte que, depuis les ruines qu’ils avaient visitées ce midi, d’innombrables paires d’yeux pouvaient maintenant les observer sans être vus… Fallait-il donc chaque matin quadriller la même portion de ville ? Progresser dans ces conditions serait tout bonnement impossible !
Le Nordique fit part de ses réflexions à la fermière :


- Sécuriser ce bourg nous sera impossible : nous ne sommes pas assez nombreux, et les autochtones du bas de la montagne refusent de venir nous aider sous prétexte de malédiction ou de fantômes hantant les ruines… Je pense que nous devrions nous concentrer sur la recherche des tablettes. Fouillons une partie de la ville, trouvons un point de repli dans celle-ci, puis passons la nuit dedans, et ainsi de suite. Si nous devons commencer à fouiller tous les jours chaque bâtiment, nous n’en aurons jamais fini.

La muraille se dressa devant eux de nouveau. Après un temps de recherche qui les emmena jusqu’au soir, les aventuriers trouvèrent un point en hauteur, stable, et qui avait l’avantage de ne pouvoir être atteint qu’à l’aide d’une corde fixée par un grappin. Une fois en haut, ils n’avaient plus qu’à la détacher pour empêcher quiconque de les suivre. C’était une sorte de petit carré écroulé sur sa face ouest (Vers la ville en contrebas.) et nord (Dans le prolongement du rempart.). Le toit presque intact - peut-être était-ce un ancien poste de guet - au-dessus de leur tête leur permettrait de passer la nuit au sec et de conserver une partie de la chaleur du feu qu’ils devraient allumer pour se protéger du froid de la nuit.

Pour l’heure, le soleil filtrait à travers la passe et les bâtiments qui leur faisaient face, plein ouest. L’orbe descendant frappait la ville de sa lumière mourante, la couvrant d’ombres et de luminosités fantastiques, rendant impossible pour quelques minutes au moins la surveillance de la ville depuis la cachette des aventuriers. Pour Tancrède, qui n’était pas détendu, ces rayons orangés ressemblaient plus à des lances pointant tous dans la direction de leur point de repli… Mais ils eurent au moins le mérite de les enfermer pendant quelques instants dans un océan lumineux qui empêchait quiconque de les voir ; et même eux de voir quiconque. Il en informa la fermière et se permit de s’assoir dans un coin un peu à l’ombre, ses yeux pouvant au besoin se tourner vers la ville.

Quand d’ici quelques instants, la lumière disparaîtrait, il ferait nuit. Il serait donc temps de monter le campement…

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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 24 Mai - 16:57

Mériale grimace intérieurement face à la proposition du rôdeur. Passer la nuit dans les vestiges de la cité l'angoisse. Si dans la journée, les ruines paraissent juste un peu inquiétantes, son instinct lui crie qu'une fois la nuit tombée, les choses pourraient être réellement terrifiantes. Elle fronce les sourcils et pince les lèvres avant de hocher la tête malgré son mauvais pressentiment.

°° J'aurais vraiment préféré trouver une grotte ou du moins un abri en hauteur par rapport à la cité abandonnée. Cela nous aurait permis d'avoir un bon point de vue et de voir venir le danger. Mais Tancrède a une meilleure connaissance du terrain que moi. Il a eu l'occasion de bourlinguer et de voir bien plus de choses qu'une simple fermière ne pourra jamais voir. Je dois lui faire confiance, il sait ce qu'il fait ! °°


La rouquine a un sourire qui décrispe aussitôt ses traits. Elle adresse un regard confiant à Tancrède avant de parler.

- Tu as raison, faisons comme tu dis.

La fermière suit le rôdeur dans sa recherche d'un lieu sécurisé où passer la nuit. Finalement, au bout de quelques heures à fureter, il trouve un endroit en hauteur où poser les sacs à dos. Le fait d'accéder au bivouac seulement par le biais d'une corde rassure Mériale.


°° Au moins, cela limite un peu les risques d'attaque surprise... °°


Elle pose son sac et commence à préparer sa paillasse. Les rayons orangés du soleil couchant lui font lever la tête. A travers les fissures de la pierre, le soleil filtre et l'attire. Laissant en plan ce qu'elle est en train de faire, elle se redresse et regarde ce coucher magnifique. Les rayons viennent frapper sa chevelure abondante et semble l'embraser de mille nuances de roux différents. Éblouie, elle ferme les yeux mais tend le visage vers la douce chaleur solaire. Un souffle de vent léger fait ondoyer ses cheveux et lui soutire un sourire de contentement. Le moment ne dure pas et Mériale sent la tiédeur du soleil diminuer peu à peu. La luminosité baissant, elle rouvre les yeux pour jeter un coup d'oeil aux alentours. Elle apprécie cette vue en hauteur qui permet de couvrir un large espace tout autour d'eux. Après avoir fait un balayage visuel des alentours de la tour de guet où ils se trouvent, la fermière se remet au travail pour monter le bivouac pour la nuit. Elle sort du petit bois et des brindilles glanées durant leur ballade à travers la cité en ruines et allume un feu. Utilisant sa popote de voyage, elle prépare le repas du soir en y ajoutant quelques herbes de son crû. Bientôt une bonne odeur de ragoût vient titiller les narines des deux explorateurs. Confiante, la fermière laisse le rôdeur surveiller les environs pendant qu'elle prépare le dîner. Une fois la cuisson terminée, elle remplie les deux écuelles du ragoût et en tend une à Tancrède.

- Allez, viens manger...
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Ven 3 Juin - 22:33

S’arrachant à sa contemplation un peu froide du décor, Tancrède alla s’asseoir près du feu, devant la fermière. Entre deux bouchées, les provisions étaient heureusement encore suffisantes pour quelques temps, Tancrède lâcha :

- Il est étonnant de penser qu’une quelconque civilisation ait jamais pu prospérer ici. Le terrain inégal n’était sans doute pas un problème pour ces Hommes-Oiseaux, mais le climat ? C’est l’équivalent de mes Hautes-Landes natales, mais en plus chaud… Peut-être cet endroit était-il plus vert, auparavant ? Les sols, plus simples à travailler et entretenir ? Si des Humains tentaient de rebâtir cet endroit, le cauchemar logistique pour ravitailler la cité la démolirait plus sûrement que les pillards qui hantent encore l’endroit.

Tout en mangeant, le chasseur tendait l’oreille aux bruits des ruine : les oiseaux nocturnes lançaient leurs chants, les chauves-souris couinaient en passant à toute vitesse hors de la lumière du feu… Fort heureusement, le cri désormais reconnaissable du ptéranodon ne se faisait plus entendre. Après avoir fini de manger et aidé à ranger, Tancrède disposa les couches de sortes à ce qu’elles soient parfaitement dissimulées, vues d’en bas comme d’en haut… et à bonne distance l’une de l’autre.

- Dors, Mériale.

Dit le Nordique en s’asseyant sur une pierre dans l’ombre.

- Je vais monter le premier tour de garde. Je te réveillerais quand la lune aura passé son zénith d’un quart.

Puis son regard gris se porta sur la ville en contrebas. Le silence tout relatif de la nuit avait toujours été son élément. Mais dans des lieux plus sauvages, ou des endroits plus peuplés. Dans cette ruine mêlant les deux environnements, il craignait de ne pouvoir être à son plein potentiel… Mais ce n’était rien comparé au dégoût d’avoir à revivre une nouvelle fois le cauchemar qui le hantait si souvent depuis qu’il avait entreprit sa Quête de Pénitence. Ces tours de garde, finalement, avaient du bon…

Quand ils restaient calmes. Tancrède se redressa soudainement, son épée glissant sans bruit de sa gaine noir. La lune était à son zénith. Qui avait poussé ce cri déchirant ? Il ne savait pas si Mériale dormait. Ce dont il était sûr, c’est qu’il avait entendu un bruit. Bête sauvage ou nouvelle monstruosité ? Les Hommes ne pouvaient pas les atteindre sans faire un grand tapage…

Fallait-il réveiller sa compagne d’aventure ? Il devait d’abord en avoir le cœur net… Courbé derrière une ruine pour ne pas se faire voir d’éventuels observateurs sur les toits des maisons voisines ou en contrebas, il glissa silencieusement jusqu’à la prise du grappin. C’était l’endroit le plus évident pour qui se risquerait dans l’entreprise de monter sans matériel.

Rien en au pied du rempart, d’un côté ou de l’autre… Mais à la clarté lunaire, de petites tâches sombres sur la pierre. Du sang. Tancrède alla s’assurer que Mériale soit réveillée et lui révéla toute l’affaire. Puis il lui montra le sang, dans lequel il frotta un doigt ganté avant de le porter à sa bouche. Il recracha aussitôt.


- Pouah ! C’est infect ! Je ne connais qu’une créature humanoïde qui ait un goût aussi détestable…

- Toujours le mot pour faire plaisir, Tancrède.

Le chasseur se retourna d’un bloc. Il était là, vêtu d’une armure de fourrure primitive, une hache à sa ceinture et une lance dans le dos, sa barbe rousse sale et broussailleuse dissimulant à peine un collier de dents et de griffes de différents humanoïdes. Ses cheveux gras au point d’être une masse solide et grasse reflétait l’aspect général du vagabond : sale, violent et désagréable.

- Morlun.

Lâcha Tancrède comme si ce nom était une accusation. Sans chercher à se dissimuler, son épée vint barrer le chemin qui menait le dénommé Morlun à la fermière.

- Ah, content de voir que tu te rappels de moi. On n’est jamais sûr de rien avec les civilisés… Quoique tu aurais pu me rejoindre il y a de cela longtemps…

- Va droit au but, Morlun. Nous n’avons aucun objet qui puisse t’intéresser.

- Ça c’est bien vrai.


Admit l’autre avec un hochement de tête exagéré.

- Ce campement est d’une tristesse… en ce qui concerne les objets.

Ces yeux bleu clair se posèrent sur la fermière. Puis sur le poing de Tancrède qui se serrait convulsivement sur son épée.

- Ouais… Tout ça pour dire que j’étais venu te parler, l’ami.


- Pourquoi ne t’es-tu pas annoncé ? C’est ce qu’on fait chez les…

- … civilisés ? Ah mais oui, bien sûr. J’oubliais.

Il se tourna de nouveau vers Mériale.


- Madame, permettez-moi de me présenter. Je suis Morlun, Uthgardt de son état et fier représentant des Hommes du Nord. Les vrais. Pas comme lui…


Il désigna Tancrède d’un doigt calleux.


- Bien sûr il fait des efforts, mais il n’est pas à la hauteur. Il reste enfermé dans ces considérations mesquines et…

Avec quelques pas rapides et soudain, Tancrède plaqua le vagabond contre un mur.


- C’est un barbare sans foi ni loi à qui j’ai déjà été confronté dans le passé.

Expliqua Tancrède à Mériale. Puis, au Nordique :

- Morlun, si je tolère ta présence c’est parce que tu m’as sauvé la vie.

- Et pourquoi crois-tu que tu sois encore vivant, le civilisé ? Je sais me conduire avec quelqu’un envers qui j’ai une dette…

- Qu’est-ce que tu faisais ici, dans l’ombre ?

- Moi ? Je ne voulais pas te nuire, crois-moi. Je ne faisais que regarder la femme.

L’épée au clair vint se coller contre sa gorge.

- Respire !

Fit le Vagabond avec flegme.

- Regarde donc, je t’ai dit que je savais me conduire en bonne société…

Tancrède suivit du regard le doigt tendu. Il y avait la ville morte, éclairée par la lune en croissant.


- Si tu viens ainsi, alors…

Dit Tancrède en s’éloignant, mais toujours prudent.

- Quelle est la raison de ta présence ?

- Tu n’es pas tout seul en ville.

- Je le sais, merci.

- Non, tu ne sais pas.

Le vagabond s’était assis et fouillait maintenant dans les sacs posés prêt du foyer mourant. Il posa avidement les mains sur les rations, mais un coup d’œil à Tancrède le poussa à les remettre à leur place. Le barbu haussa les épaules et reprit :

- Tu ne sais pas. Tu vois la tour, là-bas ? La mieux conservée, juste à l’entrée de la ville, à la sortie du bourg ? Il y a quelqu’un qui a besoin d’aide, dedans.

- Forcément, après ton passage.

- Non, je ne lui ai rien fait. Pas même l’aider.

- Cela m’aurait étonné…

- Il n’y a pas marqué « Lathandre » sur mon front, d’accord ? Mais comme j’ai une dette envers toi, je suis allé te prévenir. Le vieux avec ses tablettes te conduirait à des épreuves que tu n’as pas envie de subir.

- Celle qui t’as fait crier ?

- Crier ? Non, ce n’est pas moi.

- Et les deux envolées d’oiseaux, ce n’était pas toi non plus, tu vas me dire ?

- Juste une. Je suivais le responsable de la première. Mais je n’ai pas réussi à la rattraper.

- Comment ? Tu n’as pas réussi à la rattraper… Ou tu n’as pas réussi à la rattraper ?

Tancrède insistait sur ces derniers mots.

- Deuxième option.

Répondit Morlun en haussant une nouvelle fois les épaules.

- Que veux-tu, personne n’est parfait…

- Tu as bien fait de me prévenir. Mais tu saignes… Qui t’as fait ça ?


Morlun resserra un bandage grossier sur son flanc.

- Des épreuves que tu n’as pas envie de subir. Allez, ce manque d’action me dévore les entrailles plus sûrement que cette blessure. Je vous laisse ! À la prochaine, le civilisé ! Oh. M’dame.

Et sans plus de cérémonie, il repartit par là où il était venu. Sans grappin, ni corde, ni matériel d’aucune sorte.

- C’est un barbare ; il n’est pas… comme nous.


Voulut expliquer Tancrède, mais sans trop de succès. Puis quand la silhouette disparut à leur vue :

- Tu penses à la même chose que moi ?
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Sam 4 Juin - 0:35

Mériale écoute Tancrède avec attention avant de lui répondre.

- Je pense que c'est possible, oui, le climat pouvait être plus clément. Mais ce n'est pas certain non plus. Le peuple des hommes-oiseaux avait peut-être mis au point un système agricole inédit, plus adapté à ce genre de terrain et de climat. Quand tu dis que si aujourd'hui, les hommes tentaient de reconstruire la cité, ils n'y arriveraient pas, je ne suis pas certaine que tu ai raison. Quand j'étais une toute jeune fille, nous avions souvent des bardes qui s'arrêtaient dans notre village.

Ils nous contaient leurs voyages et certains avaient été loin au nord, dans des contrées montagneuses et glacées où pourtant des villages entiers réussissaient à vivre et à avoir une agriculture. Ils faisaient d'une façon différente pour avoir leurs fruits et leurs légumes. Je me souviens d'un barde qui nous avait parlé d'une grotte que les villageois utilisaient pour cultiver. Ils avaient installés un système avec des miroirs pour éclairer la cavité et amener de la chaleur à l'intérieur. Ils avaient ramenés de la bonne terre et réussissaient à faire pousser fruits et légumes à l'intérieur.


La fermière se passe la main dans les cheveux et fronce les sourcils avant de sourire.


- Peut-être était-ce un mensonge, mais je pense que l'idée était excellente et que cela peut-être réalisable. D'autres nous parlaient de cultures que les villageois protégeaient avec un système en bois et des fines membranes translucides qui servaient de serres. Tu vois, il y a toujours des moyens pour réussir à faire de la culture dans des lieux hostiles. Et puis, la magie peut aider également. Un barde nous avait parlé un jour d'un village du désert où il était passé et où il avait vu les gens cultiver un potager grâce à la magie de leur shaman. L'adaptabilité, voilà la grande force des hommes, Tancrède.


Après avoir aidé Tancrède à tout nettoyé et tout rangé, Mériale obéit à sa demande et lui souhaite bonne nuit avant d'aller s'allonger sur sa paillasse. Elle ferme les yeux et s'endort aussitôt, fatiguée mais en totale confiance avec le rôdeur qui veille.

La main de Tancrède la réveille doucement mais fermement. Avant qu'elle puisse dire quoi que ce soit, ce dernier lui chuchote de se taire avant de lui expliquer ce qui se passe. Elle frotte ses yeux pour en chasser les dernières volutes de sommeil et se redresse pour aller voir les fameuses traces de sang. La fraicheur du sang ne lui dit rien qui vaille et comme le rôdeur, elle prend ses précautions et sort son cimeterre du fourreau, au cas où. Elle sursaute vivement en entendant une voix répondre à Tancrède alors qu'il recrache le sang. Elle prend sur elle pour s'empêcher de pousser un petit cri et fixe un regard méfiant sur l'individu qui vient de surgir des ombres de la nuit. La réaction protectrice de Tancrède fait sourire intérieurement la rouquine.


°° J'aime bien sa façon de vouloir me protéger. °°


Elle détaille le barbare répugnant de saleté, à l'odeur épouvantable, qui la lorgne d'un regard d'envie qu'il ne cherche même pas à dissimuler. Sa réplique concernant le peu d'intérêt de leur campement en matière d'objets à prendre et son regard encore plus appuyé à son égard lui font froncer les sourcils.

°° Que croit-il cet urluberlu ? Que je suis une jeune oie sans défense ? Qu'il me fait peur ? °°


Elle lance au barbare un regard glacial pour lui signifier qu'il ne l'impressionne pas du tout.
Lorsque le nouvel arrivant se présente, Mériale hésite quelques secondes. Elle n'a aucune envie de connaitre cet homme et encore moins de se présenter à lui. Pourtant, ne pas le faire serait très impoli et elle en est bien consciente. Elle se tait, cependant, préférant remettre à plus tard une éventuelle présentation de sa personne.
L'antipathie qu'elle ressent vis à vis de ce barbare grandit encore lorsqu'il se met à railler son compagnon d'aventure. Piquée au vif pour lui, elle réplique d'une voix cinglante.


- Tancrède est un homme de bien, courageux et respectable et vous ne lui arrivez pas à la cheville !


Les deux hommes sont tellement pris dans leur affrontement qu'ils ne prêtent pas vraiment attention à ce que dit la fermière. Elle n'en prend pas ombrage et reste vigilante, prête à prêter main forte au rôdeur si le barbare venait à vouloir attaquer.
Elle se tait et écoute attentivement la conversation des deux hommes. Savoir que quelque chose se trouve dans une tour et a besoin d'aide lui fait froncer les sourcils, une nouvelle fois. La curiosité se mêle à la méfiance. Pourquoi le barbare n'a pas aidé ce "quelqu'un" ? Est ce par égoïsme pur ou parce que l'individu ou la créature en question est dangereuse ?


°° Ne tente t-il pas de nous mener à un piège ? Je n'ai aucune confiance en cet homme. °°


Quand Tancrède lui dit que le barbare n'est pas comme eux, elle sourit et approuve d'un hochement de tête.

- Cela ne fait aucun doute. Je te demanderais plus tard de me conter comment tu l'as connu mais pour le moment, la question est de savoir si nous allons aller voir cette tour ou si nous n'y allons pas. Lui fais-tu suffisamment confiance, Tancrède ? Ne penses-tu pas qu'il puisse vouloir nous attirer dans un piège ? Pour ma part, je n'ai aucune confiance en cet homme.

Elle regarde vers la tour que le barbare a indiqué, rongée par le doute.

°° Si j'ai raison, nous allons droit dans un piège mais si j'ai tord...S'il y a bien quelqu'un qui a besoin d'aide et que nous n'y allons pas...Je ne me le pardonnerais jamais. °°

Secouant la tête, elle tourne la tête vers le rôdeur avant d'ajouter.

- Oublies ce que je viens de dire, il faut y aller. Si une personne a besoin d'aide, nous ne pouvons l'ignorer et la laisser dans le pétrin. Es-tu d'accord ? Par contre, emmenons nos affaires car je n'ai quand même pas confiance dans ce Morlun. Il serait bien capable d'attendre que nous soyons partis pour nous voler nos affaires !
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Jeu 16 Juin - 21:54

Au départ de Morlun, Tancrède avait soigneusement évité de revenir sur ses réflexions relatives au passé ; de même, Mériale assurant qu’il était homme de bien était pour son esprit, quelque peu binaire et fataliste, plus cruel encore que les assertions du barbare. Heureusement, le duo devait se concentrer maintenant sur la question du « vieillard » dans le besoin. À ce sujet, Tancrède était inquiet, et le fit savoir :

- Morlun n’a pas de cœur. Il peu laisser son prochain aux prises avec un de ces monstres volants qui rôdent dans les montagnes, sous une pile de débris ou sans rien à manger… Je suis d’accord. Nous ferions mieux de partir tout de suite. Je dormirais après.

Le Nordique n’avait pas peur de rester toute la nuit debout : il était habitué à vivre à l’inverse des gens normaux. C’est d’ailleurs en restant debout la nuit et en dormant le jour qu’il avait rencontré Morlun…

°° Blokblorg ! °°

Jura-t-il en Orque, intérieurement.

°° Jamais mon passé ne me laissera-t-il en paix ? Je fais de mon mieux pour m’amender sans qu’il ne s’acharne de plus contre moi… °°

Remballant les affaires, il s’assura que la décente serait sécurisé, ne pouvant s’empêcher de remarquer les endroits, pratiquement invisibles même pour son œil expérimenté, qui avaient permis à l’Uthgardt de les rejoindre. C’est grâce à ceux -ci qu’il pu récupérer la corde et le grappin une fois arrivé au sol.

- Bougeons rapidement et furtivement.

Murmura-t-il à l’adresse de Mériale.

- Si nous ralentissons, quelqu’un mourra peut-être cette nuit ! Il y a beaucoup de chemin à faire jusqu’à la première tour de la ville, à l’extrémité du bourg…
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Ven 17 Juin - 0:02

La progression dans les ruines des faubourgs de la cité Aarakocra s'est avéré laborieuse durant la journée pour la fermière, un peu moins pour le rôdeur nordique, habitué à de telles situations. De nuit, l'affaire se complique considérablement. A l'obscurité ambiante qui rend chaque pas hasardeux se mêle le danger de ne pas voir arriver un ennemi ou une attaque. Le silence demandé par Tancrède n'aide pas du tout Mériale, peu habituée à se montrer aussi discrète qu'une souris. Elle fait de son mieux, grimace lorsque son pied fait crisser les graviers sous sa botte et se retient de soupirer de dépit à chacune de ses petites maladresses.

Les murs, plus ou moins hauts selon le degré de dégradation du temps qui a passé, semblent tous menaçants. La fermière a l'impression de voir des ombres bouger à chaque endroit où se pose son regard. Tendue, elle garde sa main sur la garde de son cimeterre, prête à attaquer si besoin. Une fois de plus, le rôdeur a raison et leur progression est lente. Il faudra du temps pour arriver à la tour et la rouquine espère qu'ils arriveront à point nommé pour venir en aide à ce pauvre vieil homme. Tout en faisant bien attention où elle met les pieds, Mériale réfléchit.


°° Qu'est ce qu'un vieil homme fait tout seul dans ces ruines ? Est-il une sorte d'ermite qui vit ici ou est-il venu là il y a peu pour chercher quelque chose, comme nous ? °°

Les questions tourbillonnent dans la tête de la fermière et tandis que Tancrède escalade un petit muret pour passer de l'autre côté, elle le suit et s'apprête à faire de même. Son regard balaie les environs et elle s'immobilise soudain à califourchon sur le muret. Elle plisse les yeux et étire le cou pour être certaine de ce qu'elle voit. Entre les ruines, à travers un pan de mur à moitié écroulé  où perce encore l'encadrement d'une fenêtre, la fermière voit une petite lueur vacillante. Sans aucun doute pour elle, il ne peut s'agit que d'un feu de camp. Sa première pensée est qu'elle aperçoit le campement du barbare Morlun. Mais l'instant suivant, elle secoue légèrement la tête.

°° Non, le barbare n'aurait pas été assez stupide pour faire un campement aussi visible. Je n'aime pas du tout cet homme mais je suis certaine que sa grande connaissance de la vie en milieu sauvage lui a apprit à se montrer "invisible" aux autres. Il voyage seul, cela veut dire qu'il doit vraiment faire attention à passer le plus inaperçu possible. °°

Forte de cette constatation, elle fait marche arrière et repasse sa jambe par dessus le muret pour se remettre debout juste devant. Elle fait signe à Tancrède de revenir vers elle rapidement. Lorsque le rôdeur est suffisamment proche pour qu'elle puisse parler en chuchotant, elle murmure tout en montrant du doigt la lueur du feu de camp, bien visible entre les ruines.

- Un feu de camp, mieux vaut aller jeter un œil avant de continuer.

Sans attendre la réponse du rôdeur, certaine qu'il est d'accord avec elle, Mériale s'approche le plus silencieusement possible du campement. En quelques pas, elle contourne avec prudence quelques ruines et gravats avant de longer le mur à l'encadrure de fenêtre. Elle atteint le bord et avant même de voir quelque chose, entend des voix gutturales. Elle s'accroupit, tend le cou et regarde. 4 orques sont installés devant un bon feu de camp qui crépite joyeusement. Deux d'entre eux dorment sur des paillasses, recouverts d'une fourrure. Les deux autres parlent entre eux tout en buvant quelque chose dans des gobelets de bois. La fermière plisse les yeux et remarque que chaque orque porte une armure de cuir clouté. Ils sont armés de cimeterre à deux mains et semblent également munis d'une dague.

Des sacs en toile grossière posés près de leurs sacs à dos semblent à peine remplis mais l'un d'eux, plus ouvert, laisse voir des pots en métal, des tablettes en pierre et d'autres petits objets que Mériale n'arrive pas à identifier de là où elle se trouve. Toutefois ce qu'elle voit ne lui laisse aucun doute sur ce que font ces orques ici.


°° Des pilleurs de ruines ! Bon... °°


Elle se tourne vers Tancrède pour lui faire signe de la suivre. Elle repart en arrière, lentement pour s'assurer de ne pas faire de bruit. Une fois certaine que les orques ne pourront pas entendre leur voix, elle chuchote au rôdeur.

- Que faisons-nous ?    

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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Lun 27 Juin - 23:18

Quand Mériale s’était dirigé vers le campement, Tancrède n’avait pas émit d’objection : avoir deux paires d’oreilles vaut mieux qu’une, après tout. Et puis ils étaient sur la même longueur d’ondes… Cela le changeait de Morlun, Hamiraga, et même un peu Enumasam qui, bien que joyeux compagnon, était un peu trop tête en l’air et original pour être pleinement compréhensible. La fermière avait la tête sur les épaules et la main sur le cœur, deux caractéristiques qui faisaient que Tancrède la comprenait instinctivement ou presque, lui qui avait la tête sur les épaules et la main sur… l’épée.

Le campement s’était révélé être celui de pilleurs de ruines Orques. À la question de Mériale « Que faisons-nous ? », Tancrède répondit par un grognement sceptique. En effet, le Nordique en était venu, après diverses rencontre dans sa jeunesse, à considérer les hommes non pas comme des bêtes mais comme l’égal de l’Homme. Pour le meilleur et pour le pire, cependant : le chasseur étant complètement désenchanté vis-à-vis de ses semblables, ce point de vue s’étendait donc aux Orques.

En bref, Tancrède allait les ranger dans les trois catégories de personnes qui, selon lui, peuplent le monde : les Bons, les Mauvais, et ceux qui n’ont pas encore été identifiés. Le choix serait vite fait. Et d’autant plus qu’une discussion entre les sentinelles arrivait à leurs oreilles :


- Ma jambe me fait encore mal.

- Arrête de te plaindre. Tu aurais préféré prendre la place de Jahr ? Ou de Furk ?

- Non, mais la tienne, si. Saleté de barbare ! Il nous a coûté deux compagnons et de multiples blessures. Tu crois que c’était le gardien du vieux… ?


Un frisson les parcouru.

- Non, je pense pas. Il le fuyait, plutôt.

- Ouais, c’est pas faux. J’y retournerai bien pour lui régler son compte, à celui-là. Tu as vu les tablettes sur les murs ? Une vraie bibliothèque !

- C’est trop risqué.

- Mais ça doit valoir cher ! Ces stupides humains payent plein pot pour "le savoir"

- Arrête d’y penser, je te dis. Je ne retournerais pas là-bas comme ça.

- Argh, ma jambe…

- Arrête de te plaindre.


De simples brigands, voleurs et assassins. Tancrède eut un sourire crispé en songeant à Morlun, sans doute le barbare qui avait attaqué le groupe…
S’il n’y avait eu que lui, Tancrède aurait tué ces quelques Orques. Mais il y avait la fermière, qui n’était pas une tueuse comme il l’était, ou avait pu l’être. Inconsciemment, une partie de son esprit voulait éviter à Mériale les affres du meurtre prémédité, multiple, les affrontements désirés et préparés comme une chose faisant partie de la vie de tous les jours, les blessés agonisant sur le sol qu’il fallait achever…

Mais il y avait aussi les tablettes. Et si l’objectif de leur quête se trouvait dans le sac de ces pilleurs ? Il aurait fallu tuer les sentinelles à distance, assassiner les dormeurs inconscients du danger, rapidement et sans pitié… Mais leur quête valait-elle d’imposer ça à Mériale ? Même les tablettes du savoir antique des Aaracokra justifiaient-elles une telle épreuve ?
Et qui cherchait-il à protéger réellement ? La fermière, comme il le pensait ? Ou bien lui-même, dans une tentative de cacher sa propension au meurtre ? Cette dernière pensée le décida. Après tout, ils étaient deux dans l’affaire.

- Ces pillards ne semblent pas disposés à nous suivre…

Murmura Tancrède.

- Mais les tablettes dans leur sac pourraient nous être utile… Peut-être devrions-nous passer notre chemin et aller voir le vieillard au plus vite. Mais si la tablette de guérison de paralysie est ici… Nous ne la retrouverons peut-être jamais. Qu’en pensez-vous ? Que désirez-vous faire ? Je vous suivrai, quelque soit votre choix.
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mar 28 Juin - 0:53

Mériale tend l'oreille et écoute attentivement la conversation qu'ont les orques entre eux. L'instant suivant, elle fixe son attention sur ce que lui dit Tancrède avant de lui répondre en murmurant pour être certaine que les pillards ne l'entendent pas.

- Tu n'as pas entendu ce qu'ils ont dit ? Ils allaient sans doute tuer le vieillard et voler ses biens quand ils se sont retrouvés nez à nez avec Morlun. Il en a tué deux si j'ai bien saisis avant que les autres ne prennent la fuite. Ils croient avoir eu affaire au garde du corps du vieil homme. Ils n'ont donc pas réussis à le voler et les tablettes sont toujours dans la bibliothèque de l'ancien.

°° La question est : Morlun a t-il voulu défendre le vieil homme contre les orques ou s'est-il simplement retrouvé nez à nez avec eux lorsqu'il fuyait lui-même la tour ? En tout cas une chose est sûre, si ce vieillard a réussit à faire fuir Morlun, c'est qu'il n'est pas sans ressources et qu'il sait se défendre. C'est une information à ne pas prendre à la légère, même si nous n'avons absolument pas l'intention de lui faire du mal. °°

La fermière sourit à Tancrède. Un sourire doux mais déterminé.

- Laissons-là ces orques, ils n'ont pas l'intention de retourner à la tour, tu les as entendu. Même si l'un d'eux le voudrait, les autres ont trop peur de se retrouver à nouveau nez à nez avec le "gardien" comme ils le nomment. Allons plutôt aider ce vieil homme, c'est cela le plus important.
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Dim 31 Juil - 22:21

Tancrède hocha la tête.

- C’est sans doute la meilleure chose à faire.

Convint-il.

- Allons trouver ce vieillard abandonné.

La haute tour n’était plus très loin, à présent. Bien que la nuit ralentisse leur avancée, et que la cité elle-même semblait vouloir protéger ses secrets en multipliant sur leur route obstacles et culs-de-sac, les deux aventuriers parvinrent à atteindre le but premier de leur voyage.

L’imposant édifice de pierre donnait une idée de ce que pouvait être la cité Aarackocra à son apogée : il était en effet inexplicablement bien conservé, là où ils ne restaient que ruines des bâtiments voisins. Une structure massive, contrastant avec le reste de la cité, pourvu d’une imposante arche de pierre, ordinairement barrée par les deux battants d’une porte haute de sept mètres, constituée d’une matière noire incrustée de spirales décoratives vert tirant sur le bleu, luisant faiblement dans la nuit.
Avisant un trou dans la muraille, Tancrède murmura :


- Je ne fais pas prudence à cette porte. Entrons plutôt par là.

Et c’est ce qu’il fit. Une fois à l’intérieur, les deux compagnons remarquèrent qu’une ouverture savamment disposée au plafond lointain permettant à la lune de dispenser sa lumière dans la structure ; à minuit, elle devait totalement éclairer l’endroit. Mais cette heure était passée, et peut-être valait-il mieux : Tancrède avait eu le souffle coupé rien qu’en entr’apercevant son fantastique contenu.

Des tablettes ! Partout, des tablettes ! Elles recouvraient littéralement les murs, qui semblaient pour ainsi dire fait de cet étrange mortier écrit en langue inconnue. Il n’y avait rien d’autre ici que ces objets ô combien inestimables… Et un escalier, sans barrière ni sécurité d’aucune sorte, qui montait en spirale jusqu’au sommet de la tour.

Le Nordique s’apprêtait à dire quelque chose quand un gémissement tomba en résonnant sinistrement dans le lieu silencieux. D’un signe de tête, le chasseur indiqua l’escalier à sa compagne d’aventure. Le vieillard dont parlait Morlun n’était sans doute pas loin…

L’ascension n’était pas ardue en tant que telle ; mais l’absence de sécurité, couplée à l’impressionnante hauteur de la tour, rendait tout de même l’entreprise quelque peu impressionnante. Tancrède invita Mériale à marcher courbée, à son image, pour rester le plus proche des échelons qui les rapprochaient de plus en plus de leur but. Par ailleurs, le Nordique commençait sérieusement à se demander quel genre de vieil homme pouvait se permettre la fantaisie d’explorer des ruines comme celle-ci et de se lancer, de plus, dans une improbable ascension…

Les marches se succédaient impitoyablement, sans que quoi se fut ne puisse prouver qu’une pièce, un balcon, ne serait-ce qu’une alcôve les attendait au bout de leurs efforts. Mais sous un porche dépourvu de porte, la réponse aux interrogations des aventuriers les attendait. Un simple porche nu, au bout de cet escalier géant. Et du bruit, à l’intérieur…

Toujours sur ses gardes, mais aussi sûr et certain que Morlun ne l’aurait pas envoyé dans un piège, Tancrède gravit les dernières marches qui le séparait des sons de raclement contre la pierre. À l’intérieur, une bibliothèque, dont les rayonnages arrivant à torse d’homme ou accrochés aux murs étaient, eux aussi, chargés de tablettes. Puis, soudainement, Tancrède eut un geste de recul, si brusque et inattendu qu’il faillit heurter Mériale.

Devant eux était assis, leur tournant le dos et les ailes rachitiques, ses ergots enfoncés dans le sol, ses griffes forant dans une matière indéterminée car cachée à la vue des aventuriers, son long cou bougeant sans souplesse de droite à gauche, un Aarackocra bien vivant !

La surprise de Tancrède lui avait interdit de se concentrer sur sa discrétion. De plus, la créature devait avoir une excellente ouïe puisque le son de grattoir s’arrêta instantanément. Lentement, elle se leva de son tabouret de pierre, révélant derrière elle un lutrin sur lequel une autre tablette était en train d’être noircie d’écriture inconnue. La créature produisit quelques sons, semblables à ceux des grands oiseaux de proies.

- Reculez !

Souffla Tancrède en dégainant son épée.

- Reculez !

- Krwak ? Raaak… Krulez. Rekwuler. Reculez !

Répéta la créature, sans plus se tourner. Tout son corps était maigre et semblait être d’une grande faiblesse. Le moindre mouvement semblait devoir lui coûter un grand effort. Mais ses mains, encore fermes, démesurément grande et osseuse, semblaient encore assez forte pour chasser les intrus.

- Morlun ne nous a pas prévenu !

Siffla Tancrède en reculant prudemment le long de l’escalier.

- Du bruit !

Croassa l’Aarackocra.

- Du bruit dans ma pauvre tête ! De l’écho sous mon crâne comme les pas sous voûte ! Revenez, créatures ! Revenez !

Tancrède s’immobilisa, mais ne revint pas pour autant sous le porche. Il jeta un regard interrogateur à sa compagne d’aventure.

- Morlun m’avait annoncé votre venue ! Beormus, Ambrepierre ! Approchez ! Je suis celui que vous devez aider !

Tancrède hésita encore une fraction de seconde. Mais une image issue de son passé, se répercutant depuis bien trop longtemps dans son monde onirique, le poussa à avancer de nouveau vers l’Homme-Oiseau. Cette hésitation avait duré un instant tout de même suffisamment significatif pour faire comprendre que le Nordique était on ne peut plus sceptique par rapport à la situation...
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Jeu 4 Aoû - 23:49

Rassurée que le rôdeur se range à son avis, Mériale hoche la tête avant de s'éloigner avec lui du camp où les orques continuent à bavasser. La progression de nuit dans les ruines n'est pas simple pour elle. Elle ne peut qu'admirer la dextérité et la discrétion naturelle dont fait preuve son compagnon. Des années d'expérience lui ont apporté ces talents et ont forgé son caractère sauvage et solitaire.


°° Je trouve que depuis notre première rencontre, il s'est un peu plus ouvert aux autres et je ne peux qu'espérer que cela continuera. °°


Toutefois, le danger potentiel qui règne tout autour d'elle l'oblige à rester concentré et attentive aux moindre bruit suspect. Elle chasse bien vite ses pensées qui pourraient lui faire commettre une erreur fatale et revient à une vigilance accrue. Au bout d'un long moment, la tour encore imposante et étrangement bien conservée se dresse devant eux. Tout comme Tancrède, la vue de l'arche sombre où luit des spirales gravées qui encadre l'entrée ne lui dit rien qui vaille. La magie est encore à l’œuvre ici, visiblement, et la rouquine n'a pas la moindre envie d'en subir les effets.


- Tu as raison, passons par la brèche.


Une fois à l'intérieur, Mériale lève la tête et reste bouche bée, tétanisée par ce qu'elle voit. Une bibliothèque magnifique éclairée par les rayons de la lune habille les murs intérieurs de la tour. Comme une enfant, elle regarde de tout côté, le cœur battant la chamade devant un si bel endroit, impressionnée des connaissances qui se trouvent, ici, rassemblées. Sa première pensée est de se dire que les lieux ne sont pas suffisamment sécurisés pour protéger un si grand savoir. Elle ouvre la bouche et s'apprête à le dire à Tancrède lorsqu'un gémissement se fait entendre. La fermière sursaute et pose instinctivement sa main sur sa lame avant de se rappeler la présence du vieillard ayant besoin d'aide.


Suivant le rôdeur de près, Mériale lâche le pommeau de son arme pour pouvoir grimper les escaliers tout en se tenant à demi-accroupie. L'ascension n'est pas aisée mais la fermière met un point d'honneur à garder le rythme du rôdeur. Lorsque Tancrède se redresse, elle fait de même, ravie de ne plus être courbée en deux dans une position très inconfortable. La surprise est totale quand le rôdeur a un geste de recul brusque qui manque de la faire basculer dans le vide. Elle agrippe son vêtement et le serre pour garder son équilibre et reprendre une position stable.


Elle relâche sa prise et écarquille les yeux devant l'Aarakocra qui se tient assit devant eux. La surprise est si grande qu'elle ne peut retenir une inspiration un peu trop sonore à son goût. Elle plaque sa main sur sa bouche pour s'empêcher de produire d'autres bruits mais il est déjà trop tard. Le vieil homme-oiseau se lève et émet des sons nasillards. Fascinée, Mériale regarde la créature aérienne se dresser et admire sa physionomie si particulière et si étrangère à ce qu'elle connait déjà. La voix de Tancrède, aussi discrète qu'un souffle de vent la ramène à la réalité du moment présent. Elle regarde la créature puis le rôdeur sans comprendre.



°° Pourquoi sort-il son arme ? Pourquoi vouloir partir alors que nous sommes venus l'aider ? °°


La rouquine ne saisit pas le brusque mouvement de... Panique ? ... de son compagnon d'aventure. D'une voix apaisante, sans bouger de sa place, elle pose sa main sur le bras du rôdeur avant de lui dire.


- Range ton arme, Tancrède, nous sommes venus aider ce vieil homme-oiseau.


D'une voix un peu plus forte, pas trop toutefois, pour ne pas incommoder leur hôte, la fermière s'adresse à l'Aarakocra.


- Nous ne partons pas, messire, n'ayez crainte. Nous sommes venus pour vous proposez notre aide.


Elle tourne la tête vers son compagnon d'aventure et lui sourit.


- C'est vrai, Morlun ne nous a pas prévenu. Mais cela ne change rien à notre but, n'est ce pas ? Cette personne, quelle que soit sa race a besoin d'aide, et nous sommes là pour cela.


Devant la méfiance de Tancrède, elle lui tapote le dos amicalement avant de s'approcher de quelques pas et de s'incliner poliment devant le vieil érudit.


- La bonne rencontre, messire. Vous avez sur nous un avantage certain : vous connaissez nos noms. Puis-je vous demandez à qui nous avons affaire, je vous prie ?

Le visage souriant et cordial de la fermière prouve, mieux que des mots, que ses intentions ne sont nullement mauvaises. Son regard est au contraire plein de sollicitude et de déférence vis à vis de son interlocuteur si peu ordinaire...
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Frenchtouch03
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Mer 10 Aoû - 22:34

Il pouvait être utile, ou à défaut amusant, de noter les différences de réactions entre les protagonistes de cette aventure. Voyez le premier : tout de nerf et de méfiance. Voyez le second : tout en charité et en empathie. C’est à se demander comment deux individus si dissemblables pouvaient mener à bien quelque quête que ce soit !

En effet, Tancrède était abasourdi par la réaction de sa compagne d’aventure. Comment pouvait-elle faire confiance à cette chose ? Rien ne pouvait prouver qu’elle disait la vérité. Tout en elle dégageait une impression palpable de malheur… Si l’on prenait le risque de l’approcher, en sortirait-il quelque chose de bon ?

Après ce cours instant de réflexion, Tancrède se résolut à suivre son amie. Mais il gardait son épée à la main ; de toute manière, il n’aimait pas s’en défaire. L’Aarackokra sembla écouter Mériale avec attention, fixant toujours la fenêtre que le Nordique pouvait maintenant voir face à lui. Il reprit de sa voix triste, croassant comme un corbeau :

- Ma douce visiteuse, je serai bien en peine de lire sur vos visages quelque expression que ce soit. La vie, hélas, prélève parfois un lourd tribut sur nos enveloppes physiques. Quant à mon nom, il est imprononçable dans votre langue… Appelez-moi donc le Vieil Oiseau.

Disant cela, il tourna vers eux son long cou sinistre et Tancrède jura intérieurement à ce spectacle : maigre à faire peur, la face aviaire avait prit le teint de la moelle. Les yeux, quant à eux, étaient par un procédé inconnu devenu deux globules laiteux, se démarquant de manière dérangeante sur ce visage marqué par ses innombrables années d’existence… Le chasseur fut alors certain d’une chose : cette créature, quoi qu’elle puisse être, aurait dû mourir avec son empire.

- Je sais parfaitement ce que vous pensez. Continua l’Homme-Oiseau en retournant son cou démesuré vers le Nordique, comme s’il l’avait entendu exprimer avis à voix haute. En effet, je méritais de mourir il y a de cela des années… Bien plus que vous ne pourriez en compter. Les ans s’alourdissent sur mon cœur, mais pas autant que la culpabilité qui le ronge.

- La culpabilité ?

Tancrède était certain d’avoir senti quelque chose de ce genre.

- Cela ne m’étonne pas. Vous semblez bien comprendre le sentiment qui nous oppresse quand notre faute éclate à la face de l’univers… de Torm, comme vous diriez… Quand on est seul avec elle, pendant de longues nuits, et qu’elle vous devient compagne plus proche qu’aucune auparavant…

Tancrède se rendait maintenant compte que le Vieil Oiseau devait être capable de deviner les pensées d’autrui, et qu’il avait ainsi vu le jugement négatif qu’il portait à son égard. Mais, détestant la tournure que prenait la conversation, il demanda abruptement :

- Qu’entendez-vous par là ?

-Beaucoup de choses. Toutes. La Pierre Aérienne qui croule sur les os qui craquent alors que les doigts grattent. Sans cesse et sans cesse, les Tablettes s’empilent…

Un bruit soudain sur la droite de Tancrède le fit sursauter. Pendant un instant, il avait été convaincu d’entendre les poutres du bâtiment céder et écraser quelque chose… Lui, peut-être ? Mais en observant l’endroit, il vit que rien n’avait changé. Mais les tablettes, innombrables, lui semblaient présente jusqu’à l’étouffer. Il y en avait tout simplement trop ! Quelle était cette sorcellerie ?

- Un avant-goût de ce qui vous attend si vous continuez à avancer dans ma Cité. Les souvenirs et les peurs, ici, ont la vie plus dure que celle des vivants… Et elles pourraient bien leur survivre longtemps, si la malédiction n’est pas levée.

Ah, enfin quelque chose que Tancrède pouvait comprendre.

- Quelle malédiction, par Torm ? Que se passe-t-il ici ?

D’une main maigre à l’excès mais encore ferme, l’Aarackokra désigna un bâtiment sombre en forme de champignon, que l’on distinguait par la fenêtre malgré la pénombre.

- J’ai jadis prit la décision de retranscrire l’histoire de cette civilisation. Toute son histoire. Alors qu’elle s’écroulait, je n’ai pas bougé le petit doigt… si ce n’est pour la décrire. Le peuple mourant, voyant ses appels à l’aide vains, se déplaça jusqu’au… temple, ou c’est du moins la traduction la plus proche dans votre langue. Il y fit une grande œuvre, mais moi j’écrivais. Il y mourut, mais moi j’écrivais. Et j’écris encore, entendant ses ultimes cris se répercuter à travers la Pierre Aérienne. Ai-je été assez clair ?

Tancrède hocha la tête, se rendant compte trop tard de l’inutilité du geste. Pas de doute : il fallait se rendre au « temple ». Mais une fois là-bas, qu’allaient-ils trouver ?
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Nath
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MessageSujet: Re: Dans les montagnes des Chasseurs Célestes. (RP participatif)   Ven 12 Aoû - 23:08

Les propos du vieux sage Aarakocra remplie Mériale de compassion. Ne plus pouvoir regarder la beauté qu'offre le monde parait à la fermière un handicap bien douloureux. Naître aveugle est certes difficile mais comment regretter ce que l'on a jamais vu ? Perdre la vue alors qu'on a eu loisir de voir est pour elle l'une des choses les cruelles qui pourraient lui arriver.

°° Ne plus pouvoir admirer les visages de mes filles, ne plus voir se lever le soleil ou ne plus pouvoir observer la beauté d'un arc en ciel...Cela m'emplirait de tristesse... °°

d'une voix contrite, elle s'adresse au vieux sage pour s'excuser.

- Oh, pardonnez-moi, je n'avais pas fait attention à votre cécité, vénérable.

L'idée de nommer ce vieux monsieur "vieil oiseau" lui parait trop péjoratif. Ses parents lui ont inculqués le respect que l'on doit à ses aînés et elle-même l'a enseigné à ses filles. Pas question de se montrer aussi familière avec un ancien. Vénérable lui parait être un bon compromis et ne heurte pas sa sensibilité.

°° J'espère que le vénérable acceptera ce nom qui me parait plus correct et plus courtois. °°

L'attention du vénérable se fixant sur Tancrède, elle profite de leur conversation pour observer le vieux sage. L'apparence de l'homme-oiseau lui parait tellement frêle qu'elle se demande comment il peut avoir encore la force de se tenir debout. Elle admire malgré tout ses formes si différentes de celles d'un homme et tente de s'imaginer cette cité vibrante de la vie de milliers de ces êtres ailés. Se dire que le vénérable est seul ici depuis des éons lui serre le cœur.

°° Comme il doit souffrir de cette terrible solitude. Puisse les dieux avoir pitié de sa détresse et lui offrir une vie meilleure. °°

Tout occupée à observer l'Aarakocra, Mériale ne se rend pas compte de ce que voit Tancrède. Elle cligne des yeux et revient à la conversation en cours lorsqu'elle entend le mot "malédiction". Elle suit la trajectoire que montre le vénérable à Tancrède et voit au loin, un étrange bâtiment en forme de champignon. Les paroles que prononcent le vieux sage ensuite attriste la fermière.

Elle comprend combien il a dû souffrir de cette culpabilité et combien le temps qui passe a dû accentué ce sentiment. De nouveau, une vague de compassion déferle dans le cœur de la rouquine qui prend la parole d'une voix douce pour réconforter le vieux sage.


- Ne soyez pas si dur envers vous-même, vénérable. Vous n'auriez sans doute pas pu sauver votre peuple malgré toute votre volonté. Vous avez choisis de retranscrire tout ce qui s'est passé et vous avez bien fait. L'histoire de votre peuple ne périra pas ainsi et restera dans la mémoire de ce monde. c'est important que le savoir ne se perde pas et grâce à votre labeur, il sera conservé.

Comme Tancrède, la fermière pense comprendre que l'aide qu'ils doivent apporter au vénérable passera par le temple-champignon. Mais le penser n'est pas suffisant et Mériale préfère avoir plus de renseignements pour être certaine que c'est bien cela qu'il désire.

- Vénérable, comment pouvons-nous vous aidez ?
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