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 En route pour la Porte de Baldur.

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Nath
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MessageSujet: En route pour la Porte de Baldur.   Sam 5 Nov - 21:53

La vingtième heure du jour sonne au clocher de la chapelle de Blasus quand Tancrède et Mériale arrivent enfin à l'auberge. Le chemin de retour a été long et c'est avec plaisir que le duo s'attable devant un bon repas. Au cours du dîner, la fermière invite le rôdeur a passé quelques jours chez elle avant de repartir vers la cité de Mordulkin. Le lendemain matin, les deux compères sortent du village, direction la ferme Ambrepierre.
A leur arrivée, les filles de Mériale les accueillent avec joie et les quelques jours qui suivent aident les deux amis à se requinquer. Un matin, Mériale reçoit un parchemin écrit de la main de sa mère, Lurinda. Elle lui demande son aide pour une affaire importante qui concerne son frère aîné, Blairil, et la prie de venir au plus vite au village de Boisroussi.

La fermière décide de répondre positivement à la demande de sa mère et lui écrit une missive pour la prévenir qu'elle va venir aussi vite qu'elle le peut. Avec l'aide du rôdeur, elle élabore un plan de voyage grâce aux cartes des royaumes qu'elle possède et qui lui vienne de son défunt mari, Philianir, l'ancien aventurier. Elle laisse ses filles aux commandes de la ferme et s'empresse de faire son bagage pour gagner la cité. Tancrède lui offre son aide et elle l'accepte avec gratitude. L'idée de faire le voyage avec un ami l'aide à garder bon moral.
Le duo gagne rapidement la cité de Mordulkin et s'embarque sur un navire marchand céréalier, "L'épi de Chauntéa", en partance pour la cité de Cimbar. Ils quittent la baie de Chessenta quelques heures plus tard pour un périple de deux jours sur la mer des étoiles déchues. A bord, les compères paufinent un peu plus leur itinéraire de voyage pour aller au plus vite sans pour autant prendre des risques immodérés.

Cimbar est en pleine liesse lorsque Tancrède et Mériale y débarquent. La cité est connue pour encourager les arts et tous les ans, elle organise en même temps un festival en l'honneur de la déesse Liira et un autre en l'honneur du dieu Milil qui dure une bonne dizaine. Les quais du port sont décorés de fleurs et de banderolles de tissus colorés tandis que des artistes chantent et dansent, offrant un spectacle joyeux à toute la population. Les deux aventuriers ont bien du mal à trouver un navire pour continuer leur périple. Il leur faut trois jours pour réussir à dénicher un capitaine qui accepte de les mener jusqu'à la cité portuaire d'Alaghon.

Le navire, "La sirène", part sous les chants des habitants et gagne la pleine mer. A bord, Mériale fait une offrande à la déesse Umberlie pour qu'elle ne déverse pas sa colère sur le bateau et prie Tymora de lui sourire. Leur première escale, un jour et demi plus tard, les amènent à Airspur. La cité a une particularité qui saute tout de suite aux yeux du duo : elle possède un nombre élevé de semi-orques.
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Nath
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Sam 5 Nov - 21:54

Ils repartent assez vite mais sont forcés, deux jours plus tard, de s'abriter dans une crique de l'île de Sapra pour échapper à la fureur d'Umberlie et à une mer déchainée. Mériale peste intérieurement contre le caractère imprévisible et colérique de la déesse qui retarde leur voyage mais ne peut rien y faire. Enfin, la tempête se calme et le navire peut reprendre son itinéraire. La mer reste toutefois houleuse et il faut deux jours entier au capitaine pour rejoindre la cité d'Alaghon. Sur les quais du port, Mériale s'amuse de voir les ribambelles d'enfants jouer à cache-cache entre les caisses de bois et les sacs de marchandises entreposés sur le sol. Elle repense à ses filles et sent une bouffée de nostalgie l'envahir. Elle chasse bien vite ce sentiment déprimant et entreprend, avec l'aide de Tancrède, de trouver une nouveau bateau en partance pour la cité de Mantétoile.

Un navire marchand transportant du poisson séché, "L'écaille d'argent", s'y rend justement. Les deux acolytes paient leur place et s'embarquent pour trois jours et demi d'enfer où ils ont des hauts-le-coeur et sont malades à cause d'une mer démontée et de l'odeur pestilentielle qui règne à bord.  
Ils arrivent au port de Mantétoile, déshydratés et affaiblis, et doivent se reposer durant une bonne dizaine dans un hospice du temple d'Ilmater pour se remettre sur pieds. Quand la santé leur revient, ils reprennent leur périple et s'embarquent à nouveau en tant qu'aides sur un navire qui transportent des chevaux, "L'étalon". Le navire lève l'ancre direction la cité de Teziir. En chemin, une escale est faite à Port-Ponant mais le duo, connaissant la mauvaise réputation de la cité, préfère ne pas débarquer et reste à bord. Trois jours plus tard, s'en est fini du voyage en mer. Tancrède et Mériale débarquent au port de Teziir et vont pouvoir continuer leur périple sur la terre ferme. Il leur aura fallut pratiquement 16 jours pour atteindre Teziir.

Le duo intègre une caravane qui part pour la route marchande vers la cité d'Iriaebor. Ils ont la chance de partager une place dans un chariot avec un nain cuisinier charmant, Roérion Forgefer, qui passe son temps à raconter les aventures épiques de son grand-oncle Daérin, un grand aventurier, et de son groupe de guerriers nains. Avec de petits arrêts pour le ravitaillement aux cités d'Elversult, Priapurl et Estant, le trajet se fait en 12 jours. Le temps de faire connaissance et de sympathiser avec bon nombre des gens de la caravane.
A leur arrivée, les deux compagnons n'ont aucun mal à trouver une autre caravane qui part le jour même pour la cité de Bulborp. Juste le temps pour eux d'acheter quelques effets qui leur manquent et ils repartent sur la route. Cette fois, ils sont à pied comme bon nombre d'autres voyageurs car les charettes sont pleines. Ils font halte avec le reste de la caravane à Asbravn puis Hluthvar avant d'atteindre Bulborp, 6 jours plus tard.


Dernière édition par Nath le Sam 5 Nov - 21:57, édité 1 fois
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Nath
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Sam 5 Nov - 21:56

Mériale apprécie l'accueil chaleureux des habitants, majoritairement halfelins et gnomes, qui les aident à tracer leur itinéraire en l'absence de route fréquentée. Il leur faut passer par le nord-ouest, entre les collines du Serpent et le marécage de Chélimbre et prendre la direction de la cité de Llorkh. Ils achètent des chevaux, refont leurs vivres et partent par un matin brumeux et frais. Durant 6 jours, ils parcourent des plaines puis des collines, évitant le plus possible les fumées annoncant des campements ou préférant dévier de leur route lorsque des traces de monstres vont dans la même direction qu'eux. Enfin, ils arrivent à Llorkh mais n'y reste que le temps de se ravitailler. Les rumeurs de la cité faisant mention de la présence de zenths, ils préfèrent ne pas traîner et reprennent vite la route.

Deux jours plus tard, ils arrivent à Eauforte et s'y reposent durant une journée avant de repartir. Le voyage est de plus en plus difficile car la cadence est rapide et la fatigue s'accumule. Encore deux jours et les voilà à Sécombre. Les pêcheurs de la cité leur permettent de se délecter de délicieux poissons frais pour leur repas, ce qui aide à leur redonner un peu de force. Ils reprennent la route et atteignent Rougemélèze quatre jours plus tard. Mériale est épuisée mais aussi heureuse car ils ne sont plus très loin de son village natal. Ils mettent une journée pour arriver à Triverrat puis deux jours pour enfin atteindre le village de Mériale : Boisroussi.
Il leur faut une bonne dizaine pour récupérer de leur long périple. Leur long voyage aura durer 52 jours.

La mère de Mériale explique alors que son fils aîné est partit il y a maintenant 4 mois pour la cité de Padhiver pour faire le marché comme il le fait depuis toujours. Il n'en est jamais revenu. Le père de Mériale, Izran, est partit à son tour pour tenter de retrouver son fils. Il a prévenu la milice de la cité qui a mené l'enquête et trouver quelques éléments troublants. Interrogés, les gens du marché se sont souvenus que Blairil, d'ordinaire si jovial et prompt à discuter, semblait soucieux et peu enclin à bavarder, ce jour-là. Ils se sont souvenus également de la venue de 2 hommes à son étal qui ont discuté avec lui un petit moment avant qu'il ne les suive d'un air contrarié.

La description des 2 hommes est assez précise : le premier est un homme basané de type calishite, à la stature fine, d'une quarantaine d'années environ, aux cheveux et à la barbiche noir. Il est borgne et porte une sorte de diamant bleu à la place de son oeil droit. Le second est un homme de grande taille à la stature massive d'une trentaine d'années à peine. Il a le crâne rasé, et comme le premier est de type calishite. Il porte un tatouage représentant une arène avec des gladiateurs en train de se battre sur le crâne. L'enquête a révélé que les deux hommes accompagnés de Blairil avaient quitté la cité le jour même. Le trio serait partit avec une caravane marchande pour la Porte de Baldur. La milice de Padhiver a arrêté là son enquête et Izran a décidé, malgré les supplications de son épouse, de partir à la recherche de son fils. Cela fait 3 mois aujourd'hui et ni lui ni Blairil ne sont revenus depuis.

Effrayée et terriblement inquiète du sort de son mari et de son fils, Lurinda s'est résignée à écrire à sa fille pour lui demander de l'aide. Mériale rassure sa mère et lui promet de faire tout son possible pour retrouver son père et son frère. Tancrède et elle partent quelques jours plus tard pour la cité de Padhiver. Ils passent par la milice de la ville afin d'avoir des précisions sur la caravane marchande avec laquelle Blairil est partit. C'est une caravane régulière qui est commandée par le capitaine Dorn Boisdargent, un homme affable et juste qui frise la cinquantaine d'années. Malheureusement pour le duo, la caravane est déjà repartie depuis 5 jours. Il ne leur reste plus qu'à emprunter le même chemin. Grâce à la vitesse de leurs chevaux, ils atteignent La porte de Baldur une dizaine de jours plus tard...
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Dim 18 Déc - 4:46

La Porte de Baldur ! La Porte de Baldur ! Sur les lèvres de cent historiens et dans les cœurs de cent fois plus d’aventuriers à travers l’Histoire ! Ville riche sur les pavés de laquelle se déroulent mille histoires, et sous les pavés de laquelle se trament mille fois plus de complots… Cité prospère, joyau du Mitan de l’Ouest, cité…

- … en ruine.


Annonça Tancrède sans plus de préambule.
Cela faisait maintenant cinq jours qu’ils avaient dépassés le village de Borcolline. Et là, du haut de l’éminence d’où ils pouvaient contempler les champs entourant l’objectif de leur voyage, la terrible vérité s’imposait à eux.


- Qui a bien pu rassembler suffisamment de partisans assez fous et téméraires pour attaquer la Porte dont dépend toute le pays alentour ? Il y là quelques monstruosités à l’œuvre… Restons sur nos gardes. Les choses auraient pu bien changer depuis mon dernier passage.

Mais la source des marchands et badauds ne semblaient pas s’être tarie, bien au contraire : bien vite, Tancrède et Mériale se retrouvèrent englués dans l’interminable file menant à la porte principale de la cité. En piteux état.
Prenant son mal en patience, Tancrède apostropha un homme en armure de cuir clouté, le rouge et le noir de la garde de la ville étant représenté par un foulard passé autour du cou.


- Olah, garde ! Qu’est-il arrivé à la Porte de Baldur ?


L’autre le regarda avec des yeux fatigués :

- D’où venez-vous, pour ne pas avoir été mis au courant ?

- De Padhiver.

- Si loin ? Bah ! Sachez, Nordique, que Mordoc Selanmere, le terrible vampire, a récemment fait main basse sur la ville… Mais un groupe d’aventuriers déterminés l’a renvoyé dans les abysses et a rendu leur liberté aux habitants de la ville. Moi-même, j’étais en voyage à ce moment-là, mais demandez aux autres : ils étaient morts, et les voilà de retour…

- Comment cela ?

Mais Tancrède n’eut pas le temps d’en apprendre plus : un petit garçon, de sept ans à peine, venait de le bousculer et se préparait à filer entre les jambes du garde…

[Test de Dextérité DD 15_Résultat = échec critique !]

… laissant Tancrède, déséquilibré, s’étaler de tout son long sur le sol !


- Oh, malheur !

S’écria le garde en échouant à rattraper le jeune garçon.

- Vous avez vu ça ? Vous en êtes quitte pour la perte de votre bourse ! Je connais ce garnement, mais impossible de l’attraper une fois qu’il a rejoint les ruines périphériques !

- Les ruines périphériques ?

Demanda Tancrède d’un air sombre, en se relevant, constatant la perte de son or.

- Celles que l’attaque de Mordoc a laissées tout autour de la Porte de Baldur ! Ah, je suis navré…

Puis, avisant une dispute un peu plus loin en arrière :

- Eyh, vous là-bas ! Du calme ! Faites reculer votre chariot !

Il disparut dans la foule.
Tancrède se massa l’épaule gauche, celle qui avait heurtée le sol, et dit à Mériale :


- Si nous allions visiter les faubourgs de cette ville ? Quelque soit l’époque à laquelle je la visite, la corruption est toujours aussi visible !


Le chasseur ne parlait évidemment pas que du gamin, mais Mériale ne le comprit peut-être pas…

- Je ne devrais avoir aucun mal à le retrouver. Je suis dans mon élément, ici…
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Nath
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Dim 18 Déc - 5:06

Voir une grande cité comme la Porte de Baldur réduite à l'état de ruines laisse Mériale ébahie. Comme le rôdeur, la fermière se demande quelle catastrophe la cité a bien pu subir pour se retrouver dans un état si pitoyable. Lorsque Tancrède se renseigne auprès d'un garde, la réponse que ce dernier leur apporte la fait frissonner. Un vampire ! La cité a été attaquée par un vampire. Les légendes parlant de ces monstres sont nombreuses et l'idée que l'un d'eux puisse avoir été présent dans les parages lui fait dresser les cheveux sur la tête... ou presque.
Encore sous le choc de cette déclaration, elle ne réagit pas assez vite quand le bambin percute son ami pour lui voler sa bourse avant de détaler comme un lapin.

L'événement aurait dû concentrer ses pensées sur la poursuite du petit voleur mais les paroles du garde lui restent en mémoire et elle n'arrive pas à passer outre. Elle aide Tancrède à se relever tout en lui demandant d'une voix inquiète.


- Que voulait dire le garde par ils étaient morts et les voilà revenus ?

Elle a bien une petite idée sur le sujet mais elle préfère l'écarter promptement. L'idée de se retrouver face à face avec la progéniture que le vampire aurait pu laisser derrière lui avant d'être occis ne l'enchante guère.


°° Peut-être n'est ce pas ce que je pense ? Ils ont pu être ramenés par des prêtres ? °°

Cette pensée ne la rassure pas. Elle tente de fixer son esprit sur la poursuite du voleur même si elle n'a soudain qu'une envie : tourner les talons et fuir cette cité au plus vite. La pensée de son frère et de son père toutefois la retient.

°° Non, je ne dois pas me laisser prendre par la peur que ces monstres peuvent engendrer. Blairil et père sont ici, quelque part, et nous devons les retrouver. Dieux aidez-nous car nous allons en avoir bien besoin. °°

Tachant de remonter un peu le moral de Tancrède, Mériale le rassure de sa voix douce.

- Ne t'inquiète pas, j'ai un peu d'argent sur moi...au cas où nous ne retrouvons pas le petit malandrin rapidement.
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Ven 30 Déc - 5:11

Tancrède acquiesça, reconnaissant.
Avec leurs maigres bagages, ils n’eurent aucun mal à sortirent de la foule de marchands, badauds et visiteurs de passage, empêtrés dans la file avec leurs valises et autre char à bœufs.
Le chasseur préféra opter pour un cercle suffisamment large pour éviter tout contact avec les habitants de la ville avant de rejoindre les « ruines périphériques ».
Avançant tranquillement dans l’herbe verte des plaines avoisinante, Beormus se tourna vers sa compagne d’aventure :


- Il s’est passé dans cette ville des choses plus étranges qu’à l’ordinaire… « Ils étaient morts, et les voilà de retour », en voilà une manière étrange de résumer ce qui s’est déroulé ici ! Arrêtez-moi si je me trompe, mais je n’ai vu la moindre trace de morts-vivants parmi les gardes, et pourtant, c’était eux que l’on désignait…

Tancrède ne parla pas de ce qu’il pensait trouver dans les ruines périphériques. Mis à part des ruines, bien entendu. Il savait parfaitement ce qui s’y terrait : la lie de la lie, les pauvres sans le sous et ce qui restait de leur famille, les prostituées et leurs maquereaux, les tueurs à gages, un noble venu s’encanailler… Mais il fut surpris.

- Par Torm !

Ne put-il s’empêcher de souffler.
Les ruines périphériques portaient bien leur nom : le mur de la cité s’était tout simplement effondré. Vers l’intérieur de la ville, comme si ces fondations avaient été sapées en quelques secondes par une armée de Krutikh. Ces débris étaient si nombreux que, même s’il ne parvenait pas à dépasser en hauteur certains édifices épargnés de peu par la catastrophe, tapissait le sol pour en former comme un deuxième, dur et rocailleux. Ce qui étonnait le chasseur, c’était aussi le fait que les habitants des lieux, quoiqu’invisible pour le moment, semblaient s’être adaptés à la situation : sol de débris égalisé, passerelle de bois reliant les charpentes mises à nues d’anciennes habitations éventrées… On eut dit une seconde ville dans la ville, une véritable Cour des Miracles. On y entrait le plus simplement du monde : en enjambant les restes du rempart.


- Restez derrière-moi. Conseilla Tancrède à Mériale. Vous allez à la rencontre de la Porte de Baldur comme je l’ai toujours connue.

Puis, murmurant :

- Ne vous y fiez pas… Ils sont là.

Et en effet, à peine eut-il enjambé les restes du mur de protection que les bruits révélateurs de vie se manifestèrent : là un appel courroucé, ci un gamin qui détalait à toute vitesse. Là le rire gras d’une quelconque ribaude, ci le gargouillis d’un clochard cuvant sa mauvaise piquette.
Si la lumière semblait fuir cet endroit, l’odeur, elle était au rendez-vous.


- Bien, maintenant, tâchons de retrouver ma bourse dans ce capharnaüm…

D’un pas nonchalant, Tancrède flâna aux côtés d’un ivrogne puant, qui apostrophait à peu prêt tout ce qui passait, et surtout ce qui n’existait pas. Il attendit quelques minutes, puis un pas rapide le fit relever les yeux. Exactement comme il l’avait prévu, un enfant âgé d’à peine dix ans détroussait l’homme saoul. Tancrède ne fit rien, prétextant ne rien voir comme tous ceux qui habitaient ce genre d’endroit. Puis, quand le gamin fonça vers lui pour échapper au coup maladroit de sa victime, la main gantée du Nordique s’abattit avec force en une formidable gifle qui plaqua l’enfant à terre, éparpillant son butin sur la pierre sale. Rampant comme un animal, l’ivrogne entreprit de récupérer ce qui lui appartenait… et qu’il avait, peut-être, volé le matin même.
Sans plus de douceur, Tancrède releva le garçon qu’il maintint fermement.


- Toi.

-Lâchez-moi !

-Ecoute-moi si tu ne veux pas t’en reprendre une !

Certes, l’enfant devait avoir l’habitude des menaces. Mais Tancrède avait dans la voix comme un rayon de dureté qui prouvait, sans les gestes, qu’il n’hésiterait pas à faire ce qu’il promettait. Le garçon se calma, se contentant de pleurnicher, sans aucun effet sur les impitoyables yeux acier qui le fixaient.

- Je cherche un gamin un peu plus haut que toi, roux, avec les yeux verts. Il avait une cicatrice sur le front.

Son prisonnier le regarda avec des yeux comme des soucoupes, dans lesquels se lisait une terreur qui n’avait rien à voir avec lui. Tancrède le compris bien et le relâcha, sans douceur, néanmoins. Le gamin détala.
Puis il se tourna vers le soulard, toujours occupé à, tantôt rester étaler sur le sol, tantôt ramasser ses piécettes. Il avait reçu l’aide d’une vieille femme en habit presque propre, quoique gris et usé.
Il se baissa pour ramasser une pièce de cuivre qui avait roulé sous sa botte et la tendit à l’ivrogne.
Celui-ci lorgna dessus, mettant un certain temps à comprendre ce que cela pouvait être.


- Aaah, merci mon pote ! Z’êtes ben brave d’avoir fait ça… Mais moi, foi d’Réguinche, j’y aurai remis un ou deux coups, vlan, alleeez donc !

- Je n’en doute pas.

- Dites, z’auriez une dernière pièce, pour aller boire un coup avec moi ?

- Navré : on m’a dépouillé à mon insu ce matin même.

L’autre roula frénétiquement des yeux pour montrer son mécontentement, brassant l’air de ses bras malodorants :

- Ah mais-hé, c’est-y pas une honte, ça, mon bon monsieur ! Voler un bon monsieur comme vous ! Moi, ch’uis ren qu’un clochard, mais alors vous, avec vos bonnes valeurs et vot’ bon cœur, mon bon monsieur… Donc, z’êtes là pour trouver quelqu’un ?


- Tout à fait.

Mais Tancrède se garda bien de parler de l’enfant roux, non : il donna le signalement des deux hommes avec qui était parti le parent de Mériale.
L’autre se concentra, puis :


- Désolé, mon pote, je vois pas. Mais j’ouvrirai l’œil, j’vous jure.

Ce faisant, il se recala contre sa couverture poisseuse et ferma ses paupières, bien décidé à terminer sa sieste.

- Voilà, la rumeur est lancée : nous avons été dépouillés par ces deux hommes, et nous voulons retrouver nos biens. Tout le monde sera au courant d’ici ce soir…
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Ven 30 Déc - 5:14

Mériale hausse les épaules montrant ainsi son ignorance.

- En effet, les gardes ne semblent pas être des morts-vivants. Pourquoi alors dire cela ? J'avoue que je ne comprend pas.

En approchant des ruines, la fermière sent son cœur se serrer. La bataille a dû être rude pour mettre les faubourgs de la cité dans un tel état de délabrement. Combien de gens ont péri dans cette bataille urbaine ? Combien de bambins se retrouvent seuls dans une misère sans nom ? Elle regarde de tout côté mais ne voit personne et cela l'inquiète.

°° Où sont-ils passés ? °°

C'est lorsqu'elle est en train de se poser la question que Tancrède lui dit de se méfier et que les gens sont là. Il a à peine terminer sa phrase que les bruits de la vie arrivent jusqu'à leurs oreilles. Elle regarde le pauvre mendiant malodorant qui gît sur une vieille pelure mitée qui lui sert de couverture et qui cuve sa vinasse en maugréant sur tous ceux qui passent à sa portée. Alors que son regard commence à partir un peu plus loin, un détail la ramène sur l'ivrogne au sol. Un gamin, qui se trouvait caché derrière le pauvre hère, se relève rapidement et fonce vers le rôdeur dans l'intention d'emprunter un passage avant qu'il ne le fasse lui-même.

Elle sursaute et pousse un petit cri quand la main de Tancrède vient frapper violemment l'enfant. Le bambin, sous la force de la gifle, tombe à terre, éparpillant son maigre butin. Mériale voit alors les quelques piécettes de cuivre que l'enfant vient de voler au mendiant et comprend alors ce qui vient de se passer. Elle serre les poings et laisse le rôdeur mener son interrogatoire sans intervenir. Elle ne comprend pas bien où il veut en venir lorsqu'il décrit les deux hommes ayant emmener son frère comme étant ceux qui l'ont volé.


°° Mais pourquoi dit-il cela au mendiant ? Pourquoi ne pas dire la vérité ? °°

Elle patiente le temps de s'éloigner un peu et demande alors.

- Pourquoi ce mensonge, Tancrède ?

Puis avant même que le rôdeur ne lui réponde, elle reprend.

- La prochaine fois que vous frappez un enfant devant moi, je me verrais forcer d'intervenir. Que ce petit garçon soit un voleur ne change rien à l'affaire, ce n'est qu'un bambin. Vous auriez pu lui faire peur aisément sans avoir besoin de le frapper comme vous l'avez fait.

Le regard de reproche de la fermière prouve combien ce geste l'a choqué et qu'elle ne plaisante pas lorsqu'elle dit qu'elle interviendra s'il recommence.
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Dim 8 Jan - 1:40

Tancrède resta un instant silencieux, à écouter les réprimandes de sa compagne d’aventure. Diplomate, il hocha la tête :

- Je tâcherais de faire attention à l’avenir. J’ai la main qui vole facilement quand il s’agit de péchés.

Puis il l’attira dans un coin d’ombre moins nauséabond et poursuivit l’explication de sa révélation au clochard :

- Notre mission, maintenant, n’est plus de retrouver ma bourse. J’ai un contact ici qui pourra me dédommager sans problème ; il me doit bien ça… Mais s’il n’a pas survécu à l’attaque, peu importe : maintenant, tâchons de retrouver nos quatre hommes. Par Torm ! S’ils sont arrivés suffisamment tôt pour affronter la colère du Vampire, ils ne seront peut-être plus de ce monde…


Son regard passa par-dessus l’épaule de la fermière. Un gamin déguerpi en vitesse. Apparemment, il ne voulait pas être vu.
Ignorant le fuyard, Tancrède s’intéresse plutôt aux chocs sourds qu’il entend en haut d’un échafaudage de bois.


- Des chocs ? Allons voir !

Tancrède se précipite sur la passerelle penchée qui sert d’escalier, monte deux étages, prêt à sortir son épée pour arrêter… une vieille dame. La vieille dame en habits presque propres, quoique gris et usés.

- Oulah, jeune homme ! Rengainez donc ça, voulez-vous ? Pourquoi m’avez-vous prise ? Pour un assassin ?

Silence.

- Je pens…

Commença Tancrède.

- Oooh, je vous observe depuis votre arrivée ici. Vous êtes sur les nerfs. Lâchez votre épée, j’ai dit.

- Mmh.

Tancrède ne s’était pas rendu compte qu’il était resté crispé sur la poignée de son arme. Il se relâcha.
La vieille acquiesça de sous son fichu, se rapprocha et lui fila une pichenette sur le menton.


- Pétez un coup, mon grand vous êtes tout bleu.

Visiblement mal à l’aise, Beormus fut ébranlé par ces mots surgit des tréfonds de sa mémoire :

- Madame Borry ?

- C’est cela même, sacripant ! Alors, toujours aussi chahuteur ?

- Mais… et les coups ?

- Quels coups ? Ah, ces coups !

Elle se retourna donna un coup de pied à la porte en mauvais bois coincé dans ce qui était une ancienne fenêtre.

- Cette porte refuse encore de s’ouvrir. Ne restez pas planté là, et aidez-moi donc à l’ouvrir !

Tancrède s’exécuta, tout en envoyant un regard de détresse à Mériale, pour recevoir de l’aide afin de canaliser la pétulante ancienne.

- Oooh, mais vous êtes accompagné, à ce que je vois ! Un joli brin de fille, pas vrai, mignonne ?

Avec un sourire édenté un peu gâteux, elle se dirigea vers la fermière en tendant une main vers son visage. Sans doute une tape affectueuse comme celle que Tancrède avait reçu, Mériale étant libre de la subir ou pas…

- Elle a meilleur genre que la dernière, si tu veux mon avis…

-Nous ne sommes pas mariés, Madame Borry.

- Madame Borry, Madame Borry, on dirait que tu as encore dix ans ! Appel moi Ginette, comme tout le monde ! Qu’est-ce que tu marmonnais ? Je t’ai toujours dit que ce ton ténébreux ne prenait pas avec moi ! Alors, qu’est-ce que tu marmonnais, dis-le !

- Ginette, je vous présente Mériale Ambrepierre. Elle est originaire du Chessenta. Et vient retrouver un parent ici.
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Mar 10 Jan - 0:37

Mériale frémit quand Tancrède évoque le fait que les deux hommes qui ont emmené son frère auraient pu ne pas survivre à l'attaque du vampire.

°° Et si Tancrède avait raison ? S'ils s'étaient retrouvés là au moment où le vampire et ses sbires ont attaqués la cité ? Blairil pourrait-il avoir été tué ? Ou pire pourrait-il être devenu un rejeton du vampire? °°

A cette idée, Mériale tremble intérieurement et refoule ses craintes au plus vite. Elle secoue la tête et rectifie ce que vient de dire le rôdeur.

- Ils ne sont que deux, Tancrède, les hommes qui ont emmenés mon frère, je veux dire. Et puis, il y a aussi mon père... Il a sans doute intégré une caravane pour venir ici. Il nous faudrait trouver le caravansérail de la cité pour pouvoir interroger les gens sur lui.

Tandis qu'elle parle, des bruits de coups se font entendre et elle suit le rôdeur pour découvrir, comme lui, une vieille femme. Elle écoute la discussion qui se fait entre Tancrède et la vieille dame et ne peut s'empêcher de pouffer de rire en entendant cette dernière demander au rôdeur de péter un coup. Elle sourit, comprenant que ces deux-là ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre et soulagée aussi d'avoir un "contact" dans la cité. Elle s'approche et tend la main à la vieille dame, tout sourire, quand Tancrède la présente.

- Enchantée dame Borry. Je suis à la recherche de deux parents en fait : mon frère et mon père.

La fermière ne relève pas l'erreur volontaire ou non du rôdeur qui la dit originaire du Chessenta. Elle le questionnera sur le sujet une fois qu'ils seront seuls.

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Frenchtouch03
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Hier à 1:11

Il faut bien se figurer le trouble dans lequel se trouvait Tancrède, coincé dans cette maison en ruine avec son passé.

Ce dernier était en effet pour lui, les lecteurs l’auront bien compris, source de souffrance. Il s’état protégé, blindé à son encontre, car il pouvait toujours resurgir ; sous la forme d’un assassin, par exemple, à l’instar de celui qui l’avait traqué jusque dans les montagnes des Hommes-Oiseaux. Mais son passé avait choisi un héraut bien particulier : une petite vieille rondelette et joviale, qui voyait encore en lui l’enfant… l’enfant… comment dire ? Moins psychorigide, moins renfermé, moins violent… Moins Tancrède tel que nous le connaissons, en quelque sorte ! Ses défenses habituelles incapables de le protéger face aux assauts de ses souvenirs à la fois touchant et douloureux, l’originaire des Hautes-Landes se retrouvait en proie à un grand trouble ; jusqu’à confondre les lieux de vie de sa compagne d’aventure… Alors que la vieille repartait à l’assaut, il jeta à cette dernière un regard un peu pathétique :


- Vous savez, je n’aurai pas cru qu’il deviendrait aventurier. Bien trop attaché à son village, là-haut, dans les Hautes-Landes et à sa famille… Comment s’appelait ce village, déjà ?

Tancrède se rendait compte que le secret dont il s’était entouré auprès de Mériale tombait en ruines sous les assauts joyeux de madame Borry. Il grogna, un peu boudeur, attitude qu’on ne lui connaissait pas :

- Nulle part.

- Nulle part ? Ih ih ih ! Il me semblait bien que ce nom était amusant… Mais asseyez-vous donc, prenez une chaise ! J’ai eu la chance d’en avoir trois pour moi lors des distributions… Je veille dessus jalousement. J’ai l’habitude, vous savez ? Je tenais un magasin d’alimentation générale, avant toute cette catastrophe, bien entendu… Alors avoir l’œil sur mes affaires, vous pensez bien ! C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré Beormus. Je veux parler de Beormus père, Guillaume ! Un rude gaillard solide, qui ne quittait jamais son marteau… Ah, ce monsieur Beormus, quel homme il était ! Aimable et cultivé, avec ça, hein Tancrède ? Tu permets que je t’appel par ton prénom ? Ton père, ce n’est pas la même chose, ça restera toujours Monsieur Beormus pour mois, mais toi, le petit Tancrède tout pâlichon qui passait ses journées à lire le livre de la Congrégation de Torm…

- Ça ira, Ginette.

Hochant vigoureusement la tête (Comme si elle n’eut accepté aucun refus, de toute manière.), elle se retourna résolument vers Mériale :

- C’est bien pour ça que je ne le voyais pas devenir aventurier. Mais pensez-donc, mon regretté mari, mort il y a de cela une dizaine d’années, s’était bien lancé dans deux petites aventures avant de tomber entre les griffes d’une impitoyable sorcière… Enfin, c’est comme cela qu’il me décrivait à ses amis, bien sûr ! Ah, Bertrand, comme je le regrette, aujourd’hui…

- Kelemvor saura reconnaître un juste.

À l’évocation du dieu, Ginette roula des yeux :

- Oulah-lah, mais il ne faut pas dire ça ici, Tancrède. Malheureux ! Non, ah ! Malheureuse plutôt que je suis de ne pas te l’avoir dit tout de suite ! Toujours à parler des dieux à torts et à travers… Ne recommence pas ça ici, mon mignon, sinon, tu ne te feras pas d’ami.

- Comment cela ?

Tancrède était intrigué.

- Kelemvor n’est pas dans les bonnes grâces des habitants de la Porte ?

- Kelemvor ?

Elle siffla entre ses dents restantes.

- Si ce n’était que lui ! Mais non, non ! Ce sont tous les dieux qui sont mal vus en ce moment ! Ca a commencé dès après l’attaque du vampire… Une fois que les survivants sont… « revenus »… Mais vous savez ce qu’il s’est passé, n’est-ce pas ?

- En réalité, n…

- Non ? C’est ce que je pensais. Cet affreux vampire, Mordoc Selanmere, a bien failli détruire la Porte de Baldur en entier ! Quelle horreur… Il s’y est téléporté grâce à cette affreuse tour noire qui avait déjà causé tant de malheur au pays, il y a de cela quelques années… Ca a créé une sorte d’impulsion ; un sort maléfique qui a irradié la ville. Enfin, c’est ce qu’on m’a dit, parce que j’étais alors en visite à la campagne. Si certaines personnes sont mortes et sont devenus des…

Elle trembla un peu.

- Des morts-vivants, d’autre ont simplement changés. Oui voilà, c’est le mot, changés. Ils étaient blancs comme neige et semblaient mauvais au plus haut point… Une fois que des aventuriers ont vaincus Mordoc et brisé la magie maléfique qui maintenait les habitants de la Porte de Baldur en cet état déplorable, les « changés » sont revenus à eux-mêmes. Enfin, la plupart ont bien vécus la transformation… Et d’autres non. On dit que Mordoc leur a arraché leur âme, et qu’elle serait revenue de force dans leur corps après sa mort. Mais comment vivre normalement après ça ? Certains font des crises d’angoisses aiguës, d’autre sont poursuivis la nuit par d’affreux cauchemars…

Elle baisse la voix et se penche vers eux, comme si elle avait peur d’être entendue :

- On dit que leurs âmes ont été sorties du « circuit » traditionnel. On dit que Kelemvor n’a plus de pouvoir sur eux et qu’ils doivent trouver rapidement un moyen de se préparer un au-delà meilleur, sous peine d’atterrir dans le Néant, ou pire encore. On dit que les dieux les ont abandonnés.

- Qui ça « on », Ginette ?

Elle s’humecta les lèvres, visiblement inquiète.

- La secte de la Pierre Vivante.

Le poids de l’âge semblait rattraper la vieille dame.

- Ils endoctrinent les jeunes, ils tuent ceux qui leurs résistent… Ils ont fait des bordures de la ville un coupe-gorge, empêchant la garde de pacifier l’endroit. Les secours étaient détournés, eux aussi… Seuls le prêtre de la Congrégation de Torm, à proximité des ruines, avait encore le courage de venir. Mais…

Elle secoua la tête.
Puis, se levant, elle sortit de sous sa paillasse un morceau de tissu enroulé autour d’un instrument semblable à une épée.


- C’était son arme. Je l’ai gardée précieusement après l’avoir trouvée dans les canaux… C’est tout ce qu’il reste de lui ; on a rien trouvé d’autre.

Tancrède prit l’arme qu’on lui tendait. Il baissa la tête, et murmura une prière.

- Gardez-là. Vous en ferez bien meilleur usage que moi. Parce que… vous allez nous aider, n’est-ce pas ? On ne veut pas finir sous la coupe d’une minorité d’illuminés… Personne ne réagit parce qu’ils ont peur, mais vous, Tancrède… Vous n’avez pas peur, n’est-ce pas ? Et vous non plus mademoiselle ? Vous êtes aventurière, une brave aventurière, hein ?

Mais ni l’un ni l’autre n’eurent le temps de répondre. Des coups sourds résonnèrent contre la porte.

- Ce sont eux ! Chuchota précipitamment Madame Borry. Les hommes que vous cherchez, ce sont les recruteurs de la secte… Ils viennent me voir pour prendre du bon temps ; ils n’osent pas montrer qu’ils gardent les provisions pour eux, alors ils les stockent chez moi et viennent en « visite de courtoisie » récupérer leurs biens… Cache l’épée, cache l’épée ! Oh mademoiselle, Tancrède ! Si vous voulez sortir, il y a une trappe par le toit !

-Alors, ça arrive ?

Tonna une voix au-dehors.

Ginette bondit de sa chaise.

- C’est la porte, elle reste coincée ! Je viens, je viens…

Tancrède dissimula l’épée en l’accrochant à sa ceinture, sous son ample cape en peau de Gnoll noir.

- Que fait-on ?

Murmura-t-il à Mériale.

- Resterons-nous ici pour partager le repas avec eux et tenter d’en tirer des informations ? Partirons-nous dans les rues pendant que les surveillants restent chez Ginette ? Si votre parent a été appelé par ces deux hommes, je crains le pire… Reste à savoir s’ils avaient alors à voir avec la Pierre Vivante ou pas.
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MessageSujet: Re: En route pour la Porte de Baldur.   Aujourd'hui à 16:10

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En route pour la Porte de Baldur.
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