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 Les enfants d'Eauprofonde : Goronn.

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Nath
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MessageSujet: Les enfants d'Eauprofonde : Goronn.   Lun 8 Fév - 1:29

La 7ème heure du jour vient de sonner aux cloches des temples de la cité. Goronn se lève et sort de la chambre où Orrusk et Neske, son frère et sa sœur dorment encore. Kethra, sa mère, est occupée à terminer la préparation du petit-déjeuner et du déjeuner du midi. La cuisine embaume le lard grillé, la soupe aux légumes et la tarte aux pommes. La salive à la bouche, le petit garçon de 9 ans vient s'installer à la table en silence et observe sa mère avec tendresse.

Kethra est une femme humaine de 29 ans aux longs cheveux bruns relevés en chignon et aux yeux verts émeraude. Sa beauté est discrète mais indéniable et sa stature de plus d'1,80m ne la fait pas passer passer inaperçue. Lorsqu'elle se rend compte que son fils aîné est là, bien installé à la table et attendant son petit-déjeuner, elle fronce les sourcils, contrariée. Elle le fusille du regard avant de le rappeler à l'ordre sèchement.

- Tu ne t'imagines pas manger à ma table sans m'avoir dit bonjour, j'espère ? Espèce de petit voyou mal élevé, viens ici !

Goronn grogne de mécontentement mais ne se fait pas prier plus que cela avant de se lever et d'aller embrasser sa mère. Kethra sourit et caresse les cheveux noirs de jais de son fils avec tendresse. Elle montre la table d'un mouvement du menton.

- Allez, va t'asseoir. Ton père ne va pas tarder à arri...

Elle n'a pas le temps de terminer sa phrase que la porte d'entrée de l'appartement familial s'ouvre. Tharag, le père de Goronn rentre de son travail nocturne : Il est videur au cabaret « La danseuse de jade ». Il faut dire qu'il a le physique de l'emploi. Du haut de ses deux mètres, cet orque gris de 34 ans et de deux mètres de haut en impose. Sa seule présence suffit à dissuader les fauteurs de troubles et les clients éméchés. Sa musculature impressionnante vient à bout des plus récalcitrants et depuis qu'il y travaille, le cabaret n'a plus eu de problèmes graves. L'imposant chef de famille accroche sa cape à la patère avant de rejoindre la table de la cuisine. Il s'assoit en baillant, visiblement fatigué de sa nuit de travail. Kethra se tourne vers son époux, les poings sur les hanches, l'air courroucé et sa voix cassante se fait entendre à nouveau.

- Comment cet enfant peut-il apprendre les bonnes manières si son barbare mal léché de père agit comme un kobold demeuré ?

Tharag lève un regard noir sur sa femme et rétorque d'une voix menaçante qui fait frémir Goronn.

- Tais-toi femme, sers-moi à manger !

Piquée au vif, Kethra réplique avec la vitesse de l'éclair.

- Tu peux toujours rêver, face de groin ! Tu n'es pas dans ta tribu de primitifs ici et je ne suis pas une femelle effrayée et soumise. Alors conduits-toi comme un être civilisé et viens me dire bonjour ou sors t'acheter un petit-déjeuner à la taverne du coin.

Tharag crispe ses mâchoires et se lève lentement. Goronn rentre la tête dans les épaules, effrayé par le regard féroce de son père. L'orque marche vers Kethra d'un pas décidé et se plante devant elle, la dominant de toute sa haute taille. Le regard déterminé et dénué de crainte de sa mère impressionne le petit garçon. Tharag se penche et embrasse sa femme avec une douceur et une tendresse surprenantes alors que l'instant d'avant il semblait prêt à la frapper. La colère de Kethra semble aussitôt s'envoler et elle répond passionnément au baiser de son mari. Goronn détourne vivement la tête et tire la langue d'un air dégoûté, tout en disant d'une voix bien distincte.

- Beurk !

Ses parents s'interrompent et le regardent surpris avant de sourire tous les deux, amusés. Tharag retourne s'asseoir à la table tandis que Kethra amène tout ce qu'il faut pour le petit-déjeuner. Ils prennent leur repas tous les trois et tharag raconte en même temps sa nuit de travail au cabaret. Goronn l'écoute religieusement. Il adore entendre son père décrire en détail la vie de l'établissement où il travaille. Il aime particulièrement lorsque Tharag parle des têtes brûlées et des soulards qui tentent de l'intimider ou qui veulent faire leur loi. La description des accrochages, des empoignades et des bagarres le fascine et existe l'âme guerrière qui sommeille en lui.

Le petit-déjeuner terminé, Goronn va dans la salle d'eau pour se laver avant de s'habiller. Il file ensuite jusqu'à la chambre de ses parents où Tharag vient de se mettre au lit. L'orque gris regarde son fils aîné et lui fait un signe de tête ensommeillé en guise d'au revoir avant de fermer les yeux pour un repos bien mérité. Fort de ce petit moment qu'il affectionne, il retourne à la cuisine où Orrusk et Neske, enfin réveillés, sont en train de manger. Il embrasse sa mère, fait un simple signe de la main à son frère et à sa sœur et sort de l'appartement. Il court jusqu'au temple d'Oghma et entre dans la salle de cours où le professeur, le père Eurid Aporos, est en train d'installer son grimoire pour la leçon à venir. Le prêtre lève les yeux vers l'enfant et sourit.

- La bonne rencontre, Goronn, va t'asseoir, s'il te plaît.

Le petit semi-orque obéit et s'assoit près de son meilleur ami, un humain du même âge que lui, Brann, qui ferme le poing et le tend vers lui. Goronn cogne doucement son poing sur celui de son ami pour le saluer, comme à l'ordinaire. Il sort ses parchemins, sa fiole d'encre et sa plume avant de grimacer devant. Il n'est pas du tout attiré par l'érudition et la subit pour faire plaisir à sa mère et aussi par crainte du courroux de son père, s'il ne faisait pas l'effort de s'instruire. Il relève la tête et fait un signe de tête général pour saluer les autres enfants de la classe avant de se mettre à papoter avec Brann. Il ne s'arrête que lorsque la dernière élève de la classe déboule en toute hâte, bonne dernière, comme à son habitude. Meilil enfin arrivée, le cours peut commencer.

Une heure plus tard, la cloche du temple sonne la 9ème heure du jour et les enfants se hâtent de ramasser leurs affaires pour gagner les autres salles de classe. Goronn sort complètement du bâtiment car sa prochaine leçon ne se fait pas au temple d'Oghma. Il se dirige en courant dans les ruelles du quartier sud pour arriver dans une impasse habitée exclusivement par des orques, des semi-orques et leurs familles. Le petit garçon va au fond du cul de sac et entre dans une chapelle où se dresse une statue de bois peinte représentant la déesse orque Luthic. Une prêtresse orque d'une trentaine d'années est là et brûle du parfum en offrande. Une odeur agréable et épicée envahit les lieux et vient chatouiller les narines de l'enfant. Il s'approche de la prêtresse et parle d'une voix basse pour ne pas déranger ce lieu saint.

- La bonne rencontre, ma tante, me voilà.

La prêtresse ne répond rien et continue son offrande avant de prier en murmurant durant quelques instants. Une fois sa dévotion terminée, elle se redresse et sourit à son neveu.

- La bonne rencontre, Goronn. Viens, allons tenter de faire entrer dans ta caboche un peu d'érudition.

L'enfant suit sa tante qui l'entraîne dans le jardin qui entoure la chapelle. Elle s'assoit sur un banc en pierre et commence à enseigner à son neveu la leçon du jour. Goronn apprend d'Urlana, la sœur de son père, la langue gutturale des orques. Grâce à son père qui lui parle dans sa langue natale depuis qu'il est bébé, il en connaît déjà beaucoup mais Il approfondit ses connaissances en la matière 6 jours par dizaine avec sa tante. Il aime les mots brutes et rauques de cette langue et regrette juste qu'elle ne permette pas d'exprimer plus de choses. Urlana prend ¾ d'heure pour la leçon et le dernier quart d'heure, elle le consacre à discuter avec son neveu.

Elle lui parle de la tribu où le père de Goronn et elle sont nés, des us et coutumes, de la vie quotidienne et des difficultés rencontrées pour la survie en milieu sauvage et hostile. Elle lui raconte comment, à la mort de leurs parents, Tharag et elle se sont enfuit de leur tribu pour vivre une vie meilleure. Elle lui explique qu'ils sont tombés sur un groupe d'humains qui les auraient volontiers trucidés sans la clémente intervention de la guerrière du groupe, Kethra, la propre mère de Goronn. Elle conte leur arrivée à Eauprofonde et leur lent apprentissage de la civilisation et du vivre ensemble sans se taper dessus à la moindre occasion.

Goronn aime ces petits quart d'heure d'anecdotes familiales et écoute toujours avec grand plaisir les récits de sa tante. La 10ème heure du jour sonne déjà et Goronn pousse un petit soupir d'exaspération. Le temps passe décidément trop vite à son goût. Sa tante lui sourit, consciente qu'il aimerait rester plus longtemps. Elle lui ébouriffe les cheveux et le pousse vers la sortie.

- Allez, file et ne t'inquiète pas, tu auras de nombreuses occasions d'entendre encore mes anecdotes.

A suivre...
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Nath
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MessageSujet: Re: Les enfants d'Eauprofonde : Goronn.   Lun 8 Fév - 1:31

Goronn lui sourit et lui fait un dernier signe de la main en guise d'au revoir avant de sortir du bâtiment. Il sent l'adrénaline courir dans ses veines à la pensée de l'heure à venir et se presse pour arriver plus vite. Il tourne dans une ruelle et se retrouve face à un petit carré de terre battue coincé entre deux bâtiments d'habitation. Au fond du carré, 3 mannequins de bois sont sommairement vêtus d'un assemblage de cuir et de morceaux de métal symbolisant une armure.

Un râtelier de bois contient des armes de corps à corps d'apprentissage et des arcs courts avec des flèches dont les pointes ont été remplacées par des boules de vieux morceaux de tissu. Tharag, son père, est déjà arrivé et Goronn voit arriver son ami Brann avec sur le visage la même expression d'excitation que lui. L'orque choisit sur le râtelier une grande hache et une épée longue en bois à la taille des enfants et tend la hache à goronn et l'épée à Brann. Pour lui-même, Tharag prend une grande hache en bois à sa taille avant de se retourner vers les deux enfants.

- Bien, aujourd'hui je veux que vous mettiez en pratique ce que je vous ai appris ces derniers jours. Allez, attaquez-moi !

Les deux enfants se mettent aussitôt en position de combat, comme ils ont appris à le faire avec leur professeur. Tharag leur enseigne les bases du combat depuis déjà 2 ans. L'amitié et la complicité qui unit les deux bambins depuis qu'ils sont tout petits l'ont poussé à se décider pour un apprentissage en commun. Brann se glisse derrière son impressionnant professeur et jette un œil pour s'assurer que Goronn est bien face à son père. Un seul regard entre les deux jeunes amis suivis d'un discret signe de tête les informe mutuellement qu'ils peuvent attaquer. Goronn lève sa grande hache et tente de frapper son père au niveau de la cuisse gauche tandis que Brann se baisse un peu pour frapper l'arrière de la cheville gauche de Tharag.

D'un mouvement rapide, l'orque gris se décale tout en se mettant de côté afin d'avoir ses deux adversaires en vue. Sans chercher à retenir sa force, il donne un coup de hache à son fils et envoie un coup de pied à Brann. Goronn prend le coup de hache de son père en pleine poitrine et décolle littéralement du sol avant de retomber trois mètres plus loin. Brann a moins de chance et prend le coup de pied de l'orque gris en pleine figure avant de s'effondrer. Il est inconscient avant même d'avoir touché le sol.

La douleur et la désorientation aveuglent Goronn pendant quelques secondes avant qu'il n'arrive à reprendre ses esprits. Il se relève avec difficulté et regarde son père ramasser Brann et le déposer avec douceur sur l'unique banc du carré. Tharag saisit la gourde en cuir qui pend à sa ceinture et vide le contenu sur le visage de l'enfant. La fraîcheur de l'eau aide Brann a revenir à lui et le petit garçon se met à gémir de douleur. Le contour de ses yeux et de ses joues se teintent déjà d'un bleu violacé qui, d'ici quelques heures, aura envahit la quasi totalité de son visage. Tharag fait signe à son fils de s'approcher et s'assoit auprès de Brann, encore hébété. Goronn vient jusqu'au banc et s'assoit sur le sol. Il lance à son père un regard plein de reproche avant de lui dire.

- Tu aurais pu retenir tes coups quand-même. Regarde dans quel état tu as mis Brann.

Tharag lève un sourcil étonné avant de répondre.

- Et pourquoi l'aurais-je fait ? Crois-tu que vos adversaires retiendront leurs coups lorsqu'ils vous frapperont ?

Goronn se renfrogne.

- Non mais...

Tharag arrête son fils d'un mouvement de la main.

- Pas de mais, fils. Maintenant vous saurez que je ne retiens jamais mes coups et vous agirez en conséquence si vous ne voulez pas vous retrouvez avec des bosses et des bleus à chacune de mes leçons. Vous apprenez comme j'ai appris moi-même, Goronn, c'est la meilleure façon de faire. Si cela ne vous convient pas, trouvez-vous un autre professeur.

Brann se redresse soudain malgré sa douleur et prend la parole d'un air déterminé.

- Non ! On ne changera pas !

Goronn regarde son ami avec surprise.

- Tu ne veux pas changer malgré la raclée qu'il vient de nous mettre ?

Brann secoue la tête.

- Non, ton père a raison, on apprendra mieux et sûrement plus vite comme il nous enseigne que s'il retenait ses attaques. Cela va nous obliger à réfléchir si on ne veut pas prendre une raclée à chaque fois.

Goronn fixe son ami un moment et hoche la tête. Il ne peut qu'approuver sa façon de penser. Il leur faudra apprendre à réfléchir très vite pour adapter leur façon de combattre à leur adversaire. Mais ils le feront d'autant plus facilement que cela leur évitera de se prendre une raclée bien douloureuse lors de leur entraînement. Le petit garçon regarde son père en souriant.

- Puisque Brann est d'accord, alors moi-aussi !

Tharag fait un bref signe de tête avant de se lever du banc.

- Bien, reprenons la leçon en ce cas. Je dois vous dire que votre technique de m'attaquer à votre hauteur sans chercher à me toucher où vous auriez eu du mal à m'atteindre était bien vu. La seule erreur que vous ayez faites fut celle de me laisser percevoir vos attaques à venir. Vous auriez dû faire mine de m'attaquer vers les points les plus hauts de mon corps avant de frapper là où vous l'avez fait. La ruse m'aurait prise de court et je serais tombé au sol. Allez, reprenons la leçon...

L'heure est aussi enrichissante pour les enfants qu'elle est douloureuse. Ils ressortent de leur leçon, courbaturés, couverts de bleus et d'égratignures mais contents d'eux et de ce qu'ils ont appris. Les enfants retournent chez eux pour déjeuner et se reposer un peu avant de retourner passés deux heures d'entraînement avec Tharag. Les bleus et les bosses vont vite endurcir les deux garçons autant physiquement que moralement et c'est exactement ce qui convient pour de futurs guerriers, selon Tharag. A la 16ème heure du jour, les deux petits durs à cuire arrivent dans la cour de leur immeuble d'habitation et vont retrouver leurs amis dans leur débarras-cabane. Ils racontent alors leur journée bien remplie aux autres enfants présents, heureux et fiers de ce qu'ils ont appris...
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